Listes communautaires : Emmanuel Macron se prononce contre leur interdiction

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Mardi, alors qu’il était invité à s’exprimer sur la présence de listes communautaires lors des prochaines élections municipales, Emmanuel Macron s’est prononcé contre leur interdiction, appelant plutôt à les combattre sur le terrain politique. Une manœuvre pour tenter de grappiller quelques voix.

Interdiction des listes communautaires : ce sera finalement non

Mardi, à l’occasion du 102ème congrès des maires de France, Emmanuel Macron s’est exprimé sur l’éventuelle présence de listes communautaires lors des prochaines élections municipales de mars prochain. Un sujet épineux pour le chef de l’Etat d’autant que le sujet alimente le débat politique depuis plusieurs semaines, notamment après la marche contre la dite « islamophobie » en France, largement pilotée par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), proche des frères musulmans.

Face à l’inquiétude de nombreux édiles, Emmanuel Macron a donc tenté d’arrondir les angles. S’il a promis de nouvelles mesures contre le communautarisme “dans les prochaines semaines”, il s’est néanmoins prononcé contre l’interdiction des listes communautaires aux municipales.

Pas d’interdiction pour ne pas contrevenir aux valeurs de la République, mais plutôt un combat d’idées sur le terrain politique alors que, selon le locataire de l’Elysée, les listes communautaires avancent le visage dissimulé. Pourtant, la question avait déjà animé les élections européennes en mai dernier avec notamment la présence de l’Union des démocrates musulmans de France (UDMF). Si la formation présidée par Nagib Azergui, se présente comme un parti «non confessionnel, laïc et profondément républicain», elle ne se cache pourtant pas d’œuvrer au profit des musulmans.

Malgré un faible score au niveau national…0,13 % des voix exprimées, soit 28 400 bulletins…, son ancrage dans certaines municipales est bien plus perceptible. En effet, dans certaines villes d’Ile-de-France à forte population immigrée, les scores sont loin d’être anodins : 7,43 % des voix exprimées à Garges-lès-Gonesse, 6,77 % à Mantes-la-Jolie, 6,10 % à Maubeuge, dans le Nord, avec une pointe à 40,94 % dans un bureau de vote.

Un parti identifié, donc, et des craintes pour le prochain scrutin local. Cependant, en mêlant le chaud et le froid, la manœuvre d’Emmanuel Macron est extrêmement politique. En effet, il adresse, avant tout, une fin de non recevoir à la demande de la droite, soutenue par certains élus du Rassemblement National et de la gauche, alors que le président des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, a déposé une proposition de loi, le 8 novembre dernier, pour lutter contre les listes communautaristes.

Un pied-de-nez, donc à la droite, particulièrement attentive à toutes les questions sécuritaires et identitaires, mais également une façon de mettre la main sur un électorat bien précis. En effet, en ne se prononçant pas pour l’interdiction des listes communautaires, Emmanuel Macron peut espérer un report des voix de l’UDMF vers la République en marche (LREM) en cas de second tour entre le parti présidentiel et une liste de droite.

A quatre mois d’un scrutin local essentiel, loin d’être acquis pour le mouvement LREM, le chef de l’Etat met toutes les cartes de son coté afin de ratisser le plus large possible. Une montée du communautarisme serait d’ailleurs cyniquement profitable au président… le communautarisme entraînant naturellement un rejet qui s’exprime à travers le vote Le Pen… et qui pourrait permettre au président de s’offrir un nouveau duel avec la présidente du RN au 2nd tour de l’élection présidentielle…

Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir