Venezuela : Juan Guaido confirmé par le Parlement

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Coup de force parlementaire au Vénézuela ! Les députés du pays ont apporté leur soutien à l’opposant Juan Guaido comme président du pays et président de l’Assemblée Nationale.
Une nouvelle étape dans la crise qui traverse le pays et qui symbolise la confusion qui entoure les institutions à Caracas depuis maintenant huit mois.

Le Parlement vénézuélien soutient l’opposant Juan Guaido

Dans un contexte de confusion extrême dans le pays, la chambre unique du pays a affirmé son appui politique illimité à la gouvernance de Juan Guaido comme président de l’Assemblée Nationale et comme président en exercice jusqu’à la fin de « l’usurpation ».
Une « usurpation » qui résulte pourtant du vote de janvier 2019 qui confirma Nicolas Maduro, successeur du très charismatique Hugo Chavez, à la tête de l’Etat. Un maintien du candidat socialiste qui n’a guère plu au voisin étasunien et ses alliés. Depuis, de multiples pressions économiques et une grande bataille de communication a cours dans un climat de déchéance économique grave.

Et comme souvent tous les moyens sont bons pour abattre l’ennemi de Washington… le parlement, majoritairement libéral, n’a ainsi pas hésité à concentrer les pouvoirs dans les mains d’un seul homme : Juan Guaido.

L’accord obtenu par les oppositions parlementaires prévoit cependant un changement de président à la tête de l’Assemblée sous un an… une présidence tournante qui devrait revenir le 5 janvier prochain aux tendances minoritaires de l’opposition qui sont à la fois composées des plus farouches opposant à N. Maduro et de groupes plus modérés qui ont obtenu le retour des députés chavistes au parlement.

Ces derniers ont quitté l’Assemblée en 2016 quand le tribunal suprême de Justice – la plus haute institution judiciaire du pays -, a déclaré toutes les décisions du parlement comme « nulles ». Les parlementaires chavistes ont en effet quitté le parlement pour une Assemblée constituante élue en 2017 et largement composés de fidèles au socialisme patriote d’Hugo Chavez.

Les pourparlers entre ces deux camps irréconciliables ont échoué cet été à Oslo en Norvège puis à La Barbade… les socialistes ayant suspendu les négociations en réaction aux sanctions étasunienne. La confusion est donc à son comble au Venezuela où les chavistes tentent de conserver le pouvoir face à un camp libéral progressiste largement soutenu par Washington.

Un conflit extrêmement complexe qui oppose les socialistes patriotes héritiers d’Hugo Chavez qui n’ont pas su pérenniser l’économie nationale en profitant trop de la manne pétrolière. C’est le fameux syndrome hollandais, aux tenants d’une forme de libéralisme progressiste du camp Guaido.

Le camp Guaido, marqué par l’influence étrangère, a de quoi inquiéter dans le pays. En effet l’homme de Washington a récemment été pris en photos avec des narco-trafiquants colombiens. L’avènement de ses soutiens à la tête du pays pourrait aussi correspondre à l’éradication totale des programmes sociaux chavézien et surtout à la souveraineté économique du pays qui aura tôt fait de brader ses ressources naturelles à quelques grands groupes nord-américains.  

Quoi qu’il arrive dans les semaines et les mois qui viennent, l’avenir du Venezuela s’annonce maussade et une embellie économique et sociale semble impossible à court terme.