Une crise économique pire qu’en 2008 – Pierre Bergerault

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35% ! Voilà, selon l’INSEE, la perte d’activité économique par rapport à une situation normale. Un taux égal à la baisse de consommation des ménages, le moteur de la croissance française. En effet, certaines dépenses de ce secteur comme les matériels de transport ou l’habillement chutent d’environ 100%.

Les dégâts sont également impressionnants dans la construction avec -89%, l’industrie avec -52%, ou encore les services marchands à -36%. Seules les activités agricoles « devraient se poursuivre un peu en deçà de la normale », tout comme les industries agroalimentaires.

Pour le directeur de l’Insee, Jean-Luc Tavernier, ces estimations restent fragiles et seront recalculées selon l’évolution des événements.

En conséquence, ces tendances à la baisse vont fortement réduire les prévisions de croissance pour 2020. L’INSEE estime à -3% de PIB annuel, la croissance après un mois de confinement. Une prévision qui devrait donc avoisiner les -4,5% si le blocage devait durer 6 semaines comme on nous l’annonce.

Enfin, l’INSEE a calculé le climat des affaires, autrement dit l’humeur des entreprises. Sans surprise, l’indicateur accuse pour mars la plus forte baisse depuis sa création en 1980. Il perd dix points, soit plus encore que lors de la crise des subprimes en 2008 et s’établit 95 points.

Des chiffres qui reflètent les craintes du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, selon lequel la crise actuelle serait comparable à l’effondrement de 1929, ajoutant que la France aurait besoin de «patriotisme économique» pour tenir. Ainsi, les 45 milliards d’euros prévus dans le projet de loi de finances rectificative voté la semaine dernière ne seront qu’un début.

Pierre Bergerault