Tiens, voilà du boudin : les réactions à la tribune des généraux – Présent

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Ils en rêvaient. La tribune des officiers supérieurs, général Piquemal et capitaine Fabre-Bernadac en tête, appelant à un retour de l’honneur chez nos gouvernants, a eu le mérite de remplir son objectif : créer le débat. Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs actuelles n’en revient pas. Les remous causés par cette tribune n’en finissent plus. Ce mardi, le ministre des Armées Florence Parly a annoncé que des sanctions seront prises, du côté de la France Insoumise, on hurle à l’appel au putsch et à la guerre civile. Nous ne reviendrons pas sur le fond du texte, Francis Bergeron l’a fait dans nos colonnes hier, mais il est intéressant de revenir sur les réactions qu’il a suscitées. Le mérite revient, il est vrai, à la France Insoumise et à son leader maximo Jean-Luc Mélenchon. Etonnamment (ou pas) prudents voire frileux après l’attentat de Rambouillet ayant causé la mort d’une fonctionnaire administrative, les cadors de la France Insoumise ont chargé d’un seul homme contre cette tribune qui, à les entendre, plaçait l’Assemblée nationale à portée du bruit des bottes et sous la menace directe d’un putsch. En matière de pirouettes intellectuelles, il faut dire que la gauche qu’incarne Mélenchon a de solides compétences. N’était-ce pas lui qui en septembre 2019 affirmait que « Dans la constitution de 1793 qui fonde la République, l’insurrection est un droit et un devoir. Vous ne pouvez pas empêcher des gens comme moi de penser que les tentatives d’insurrection personnelle sont la garantie pour que vive la flamme de la République » ? Un tweet qu’on peut comparer en pouffant légèrement à celui qu’il a publié ce 26 avril : « Il est interdit par la Constitution française d’attenter à la forme républicaine de l’Etat. L’appel à l’insurrection est puni par les articles 412-4 et 412-6 du code pénal. » On touche là au fondement de la démocratie vue par l’ultra-gauche : eux seuls ont le monopole de la critique politique. N’était-ce pas ce que Mélenchon avait craché à la figure des policiers venus perquisitionner le QG de la France Insoumise ? « La République c’est moi. » Assertion cent fois plus violente et effrayante qu’une tribune écrite par des généraux. Tribune qu’on lit et relit indéfiniment pour y voir le moindre appel à la sédition.

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