Temps d’écran : l’escalade de la lobotomie – Olivier Frèrejacques

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Alors que la crise sanitaire a enfermé une très large partie de la population à la maison, le temps passé devant les écrans a explosé. Si la réouverture des terrasses et commerces ainsi que la possibilité de reprendre prochainement toutes les activités sportives laissent entrevoir une diminution, les habitudes sont prises et les Français devraient passer plus de temps devant leurs smartphones, télévisions et ordinateurs qu’avant le mois de mars.

Des écrans pour tous et pour tout

Jeux vidéo, films, séries, dessins animés mais aussi réseaux sociaux, que ce soit sur téléphone, ordinateur, tablette ou à la télévision, l’utilisation des écrans modifie nos modes de vie depuis plus d’un demi-siècle. Le rapport à ceux-ci s’est même démocratisé de manière accélérée au tournant des années 2000 avec l’avènement des smartphones puis avec la révolution tactile dès 2007. La tendance est connue mais le récent « confinement » des populations a intensifié l’utilisation pour toutes les tranches d’âges.
L’impossibilité de sortir et le manque d’espace et le télétravail ont assez naturellement poussé de nombreuses personnes à augmenter leur consommation d’écrans. Interrogé par Le Figaro, le docteur en neurosciences Michel Desmurguet parle même d’écran ayant pris le « contrôle de notre ennui »

De 4 à 10 heures d’écran pour les plus jeunes

Le recours aux écrans a été tout particulièrement important chez les plus jeunes. Ainsi, la moyenne se serait située, le temps du confinement, autour de 4 heures d’exposition par jour pour des enfants de maternelle, à 10 heures pour les adolescents ! Des chiffres ahurissants qui ne représenteraient finalement qu’une hausse d’un tiers par rapport au temps d’avant le confinement…

Un point de non-retour ?

Concernant les plus jeunes, le risque est de voir apparaître des troubles du comportement, un développement ralenti, une augmentation de l’anxiété qui mènera à une consommation de pilules en tout genre profitant à l’industrie pharmaceutique.
Si l’émergence de générations d’obèses sans imagination ni esprit critique n’est pas à exclure, les plus jeunes ne sont pas les seules victimes des écrans. L’utilisation des smartphones a ainsi explosé dans toutes les tranches d’âges lors du confinement. Il y a un an, la moyenne quotidienne d’utilisation du téléphone était de 1h45. Avec le confinement elle est passée à près de 3h !

Le problème posé à présent est celui de l’accoutumance. Selon l’entreprise d’analyse App Annie, ces changement seront permanents et le temps d’écran de smartphone sera plus élevé qu’avant la crise sanitaire.
Si l’histoire n’est pas écrite d’avance, il est très probable que la tendance se confirme, voire s’intensifie dans les années à venir.

Olivier Frèrejacques