Temps de parole d’Eric Zemmour : le CSA dans l’illégalité ?

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La décision du CSA de décompter le temps de parole du chroniqueur Eric Zemmour a soulevé bien des questionnements et bien des critiques. Sous prétexte que “M. Zemmour pouvait être regardé dorénavant comme un acteur du débat public national”, le CSA a pris une décision que beaucoup considèrent comme une censure politique. Eric Zemmour n’a donc plus de chronique ni au Figaro ni sur CNews.

Deux anciens du CSA dénoncent l’illégalité de la décision du Conseil

Françoise LABORDE, ancienne du CSA, s’est violemment insurgée contre cette décision, précisant : être potentiellement candidat, ça n’existe pas, ou on l’est ou on ne l’est pas… ce qui me choque c’est que, subitement, le CSA dans son immense créativité, invente un nouveau concept, crée du droit là où il n’y en a pas!”

Grégoire Weigel, docteur en droit public, fut, au CSA, responsable du pluralisme et du temps de parole. Il s’insurge: aujourd’hui, on est hors période électorale et , dans ce cas, le CSA le dit lui -même, on ne compte pas les temps de parole. Par ailleurs, on ne comptabilise que les temps de parole des candidats qui appartiennent à un parti politique. Zemmour n’est pas un parti politique à lui tout seul. Il y a un problème de légalité dans cette décision.”

Le règlement du CSA stipule que, hors période électorale, le temps de parole est ainsi réparti: un tiers pour l’exécutif, à savoir le président, ses ministres et collaborateurs, deux tiers pour tous les autres, c’est à dire la majorité parlementaire, l’opposition parlementaire et les non-alignés qui n’entrent dans aucune de ces cases.

Ainsi, si les chaînes décomptent le temps de parole d’Eric Zemmour, cela donne mécaniquement du temps à l’exécutif. Le pluralisme y perd et l’opposition parlementaire y perd également car M. Zemmour prend ainsi du temps de parole aux parlementaires de l’opposition.

Le pouvoir en place a, depuis deux ans, “suspendu” le droit à de multiples reprises, tout en se revendiquant plus que jamais de “l‘Etat de droit.”

Nouvelle crise de schizophrénie violente d’un pouvoir malade dans une démocratie qui n’a plus aucun sens.

C.H .