Sous-marins australiens: la France compte-t-elle encore?

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La rupture du contrat de vente à l’Australie de 12 sous-marins français à propulsion conventionnelle constitue une véritable gifle commerciale qui met à mal notre industrie d’armement, les 16 000.salariés de Naval Group ainsi que l’ensemble des sous-traitants. C’est un dur revers pour un secteur qui enchaîne les déconvenues à l’export.

En Pologne, au Maroc, en Arabie Saoudite, en Indonésie, Naval Group n’est plus consulté, au profit de ses concurrents  italiens, américains ou allemands. Or l’export est vital pour notre défense et notre souveraineté. c’est lui qui permet à notre Base industrielle et technologique de défense et à ses 200.000 emplois de fournir nos armées à un coût acceptable, ainsi que le souligne le député LR Jean Louis Thiériot, membre de la commission de défense.

La création en grande pompe de l’Aukus, coalition de défense USA-UK-Australie pour la zone indo-pacifique, au nez et à la barbe de la collaboration avec la France qui avait été signée en 2016 entre Paris et Canberra, et la façon dont les Etats Unis ont torpillé sans ménagement notre pays dans cette affaire, constituent  une gifle diplomatique insupportable et c’est bien ainsi que l’ont vécue nos dirigeants.

Ainsi que le souligne Jean Louis Thiériot, il est temps que la France se souvienne que l’Amérique a toujours mis ses intérêts personnels en avant, oubliant la soi-disant solidarité entre alliés. ”America first” est toujours le slogan en vigueur, et, après tout, celà est bien normal et nous ferions bien de durcir notre ligne de conduite.

Quant au Royaume Uni, son concept de “Global Britain,”  réminiscence de l’Empire britannique, avancé  par Boris Johnson, qui l’avait tant fait moquer, semble bien se réaliser dans la concrétisation de cette alliance tripartite et des retombées qu’elle va engendrer.

L’autonomie stratégique européenne, elle, n’est pas au programme et, si jamais elle voit le jour, restera de toute façon embryonnaire.

La France ne doit compter que sur elle-même et renforcer ses efforts militaires, notamment dans la zone indopacifique, afin de redevenir crédible.. Elle est en première ligne, ne l’oublions pas, avec ses territoires de Polynésie et de Nouvelle Calédonie, et, pour peser dans cette partie du monde,  notre présence navale doit être renforcée avec des navires de premier rang en permanence sur zone, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.  Et pour celà l’effort budgétaire doit être accru de façon à atteindre ces objectifs.

Or, sous les coups des “règles de compliance”, mesures qui désignent les obligations éthiques d’une entreprise, de la loi Sapin II “sur la transparence et la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique “, du lobbying des ONG, et de la frilosité des banques françaises, l’export de défense est trop souvent paralysé.

Il doit pourtant redevenir priorité nationale.

C.H