Soudan : la fuite en avant des putschistes

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Le gouvernement militaire qui s’est imposé au Soudan continue à alimenter l’opposition qui n’en démord pas et réclame le retour des civils au pouvoir.

Les manifestations continuent à ensanglanter le pays, où des heurts violents entre civils et forces de l’ordre ont fait une quinzaine de morts dans les rangs des manifestants. La situation est insurrectionnelle, et face à cela la répression se montre féroce.

L’internet est brouillé par le pouvoir, le téléphone non opérationnel, l’armée qui sillonne les rues interdit l’accès aux hôpitaux pour les blessés, les arrestations de militants, de journalistes ou de simples passants se multiplient. La méthode semble fonctionner car la contestation faiblit globalement, tandis que le Syndicat des professionnels, à l’origine de la contestation, ne baisse pas les armes.

L’opinion internationale s’émeut et le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken a annoncé  être prêt à soutenir de nouveau le Soudan “si l’armée remet le train de la transition sur les rails”. Quant à  la vice-secrétaire d’Etat aux affaires africaines, Molly Phee, elle tente de négocier un compromis  entre la junte militaire et l’ancien premier ministre civil Abdalla Hamdok, lequel se refuse à toute négociation tant que la situation du pays sera aussi chaotique.

L’aide internationale, qui avait permis un léger rétablissement du pays en 2019 après la chute du dictateur Béchir, est suspendue et le pays s’enfonce.

CH