Sécurité ferroviaire, la SNCF déraille complètement

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Dix enquêteurs de l’Établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) ont réalisé des contrôles sur une partie du réseau ferré et rendu un rapport mardi dans lequel ils dénoncent « un écart majeur sur le niveau de maîtrise du processus de maintenance de l’infrastructure ». Câbles défectueux, boulons desserrés ou absents, anomalies non prises en charge, leur rapport épingle, une fois de plus, la sécurité des installations de la SNCF et la gestion chaotique des travaux.

Le rapport, concernant 14.000 km du réseau SNCF (qui en compte 30.000 au total), évoque aussi « plusieurs centaines d’anomalies » qui « n’ont pas été traitées dans les délais ». « Il n’est pas possible d’avoir la garantie que les anomalies identifiées lors des opérations de surveillance ont bien été traitées », précisent les experts. À croire que les accidents de Brétigny-sur-Orge et de Denguin n’ont pas servi de leçon aux responsables de la compagnie ferroviaire, en attendant les usagers n’ont guère de quoi être rassuré.

Toutefois, la SNCF se défend et minimise les conclusions du rapport : « Si l’EPSF avait noté des situations graves ou des écarts graves, il a l’obligation de demander des mesures conservatoires immédiates, ce qui n’est pas le cas », a souligné un responsable de l’entreprise, estimant que « Pour juger de l’état de la sécurité, il faut regarder le nombre d’accidents de sécurité remarquables signalés par l’EPSF, et qui a baissé de 30% en trois ans ».

Le responsable précise également que depuis l’accident de Brétigny, « le contrôle et la sécurité ont été complètement remis à plat, avec notamment le lancement de plusieurs trains de surveillance bardés de capteurs électroniques, baptisés « Surveil », qui sillonnent jour et nuit le réseau pour vérifier l’intégrité du réseau ». « Il n’y a jamais eu autant de contrôles, ce qui est une bonne chose », selon lui.

Europe1