Salle de shoot : les riverains entre colère et désespoir

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La question des « salles de shoot » revient dans les débats. Plus de quatre ans après l’ouverture de deux « salles de consommation à moindre risques » à Strasbourg et Paris, le député LREM Mounir Mahjoubi a proposé le 5 mai d’ouvrir une nouvelle structure place des Invalides, à Paris. Une proposition faite pour « désengorger » la salle de shoot située rue Ambroise-Paré, dans le dixième arrondissement. Depuis la crise sanitaire, cette salle est devenue l’un des points de chute des toxicomanes du quartier de Stalingrad, qui ont envahi le nord-est de Paris après le démantèlement de la « colline du crack ».

Les salles de shoot sont, une nouvelle fois, un exemple de fracture totale entre les Français  et ceux qui prennent les décisions pour eux. D’un côté, un rapport publié par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) chante les louanges de ces structures, affirmant que leur implantation ne crée ni trouble, ni augmentation de la délinquance. De l’autre côté, les riverains, suivis pendant plusieurs semaines par des journalistes du Figaro, dressent un portrait bien peu reluisant de leur quartier : « Mon quotidien c’est de voir des mecs qui se piquent en pleine rue, au bras, à la jambe, au cou, au doigt… Juste en bas de chez moi. », témoigne un père de famille. Depuis l’ouverture de la salle de shoot rue Ambroise-Paré, les riverains font état d’une dégradation globale du quartier : allées et venues permanentes de toxicomanes aux comportements agressifs, traînant et hurlant dans les rues, amas de déchets, de crachats et de déjections, etc… Un constat partagé par Arlette, membre du collectif Riverains Lariboisière Gare du Nord : « Cette étude [l’étude de l’Inserm] est biaisée et nie la réalité que nous vivons au quotidien : scène de shoot en pleine rue, bagarres, seringues ensanglantées trouvées sur le trottoir… ». Les élus et l’Inserm peuvent bien se vanter et se congratuler de la « réussite » de la salle de shoot, surtout en ne vivant pas à proximité. Les riverains, eux, ne partagent pas vraiment le même avis.