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Quitter l’islam : le dossier du nouveau numéro de L’Incorrect !

Incorrect n°16 : On se souvient peut-être de la lourde charge de Lévi-Strauss contre la religion de Mahomet dans Tristes Tropiques et notamment de cette phrase-ci : « Déjà l’Islam me déconcertait par une attitude envers l’histoire contradictoire à la nôtre et contradictoire en elle-même : le souci de fonder une tradition s’accompagnait d’un appétit destructeur de toutes les traditions antérieures ». On ne saurait mieux décrire le paradoxe – pis : la déchirure – qui habite le cœur de nos compatriotes musulmans, ou considérés comme tels, ou qui se considèrent comme tels. L’anthropologue poursuivait en jugeant que lesdits adeptes ne pouvaient intrinsèquement souffrir l’existence d’une contradiction et que, partant, leur rapport au monde extérieur s’achevait inexorablement dans la « néantisation d’autrui ». Soit l’inverse exact de ce qu’ont promu nos civilisations occidentales chrétiennes.

Ainsi le paradoxe dont le musulman, même de bonne volonté, est le sujet douloureux, savoir qu’accepter les lois d’un autre ordre que le sien, en l’occurrence la République française, induit nécessairement une trahison de sa foi qui est un cadre juridique, ce paradoxe s’étend, logiquement si l’on peut dire, aux occidentaux chrétiens ou post-chrétiens que nous sommes : pouvons-nous considérer comme un prochain cet autrui qui nous nie comme prochain? Certes, « aimez vos ennemis », si vous souhaitez n’être pas des païens. Mais peut-on souhaiter d’aimer l’ennemi de son fils et de sa fille, l’ennemi essentiel, celui qui n’aura de cesse de les détruire ? (Suite de l’Édito)

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