Refus de livraison – Pas d’extradition pour Julian Assange (Présent)

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La justice britannique a renoncé à l’extradition du fondateur de Wikileaks, demandée par les Etats-Unis. Washington n’a cependant pas dit son dernier mot.

La demande d’extradition vers les Etats-Unis de Julian Assange a été rejetée par la justice britannique, lundi 4 janvier. Le juge Vanessa Baraitser a justifié sa décision par l’état de santé mentale du fondateur de Wikileaks, poursuivi depuis 2010 après la diffusion de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines.

Selon la justice britannique, il existe un vrai risque de suicide. « Dans des conditions d’isolement quasi total, les procédures présentées par les autorités américaines n’empêcheront pas Julien Assange de trouver un moyen de se suicider », a déclaré le juge. Pour les soutiens du fondateur de Wikileaks, les conditions de détention auxquelles il sera soumis en cas d’extradition seraient comme s’il était « enterré vivant », a confié l’avocate Stella Morris, avec qui Julian Assange a eu deux enfants. En revanche, la cour a réfuté les arguments des avocats de l’Australien qui dénoncent une procédure « politique ». Les accords entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne interdisent, en effet, les extraditions pour des « infractions politiques ».

Le département américain de la justice s’est dit « extrêmement déçu » par la décision rendue par ses homologues britanniques. Dans un communiqué publié dès le lundi 4 janvier, l’administration américaine s’est toutefois félicitée que « les Etats-Unis l’aient emporté sur tous les arguments juridiques qu’ils ont soulevés ». Washington annonce vouloir faire appel, « nous continuerons à demander l’extradition de M. Assange vers les Etats-Unis », précise le communiqué.

Si l’ancien président Barack Obama avait renoncé à poursuivre le fondateur de Wikileaks, c’est sous la présidence Trump que les poursuites ont été lancées à l’encontre de l’Australien âgé de 49 ans. Son sort dépend désormais du nouveau président, Joe Biden, qui devra se prononcer sur le dossier. L’ancien vice-président de Barack Obama avait pourtant qualifié Assange de « terroriste high-tech ».

Jusqu’à 175 ans de prison

De son côté, Julian reste détenu dans la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres, en attendant l’audience, prévue ce mercredi 6 janvier, pour examiner une demande de mise en liberté. Il est détenu depuis avril 2019, après avoir passé sept années cachées au sein de l’ambassade d’Equateur à Londres.

En cas d’extradition vers les Etats-Unis, Julian Assange risque 175 ans de prison pour « espionnage » et pour « mise en danger des sources des services américains », mais aussi, depuis juin dernier, pour avoir recruté des pirates informatiques et conspiré pour procéder à des intrusions dans des ordinateurs d’un pays de l’OTAN. Les poursuites pour viol, engagées par la Suède et qu’il conteste, ont par ailleurs été abandonnées.

Etienne Lafage pour Présent