Réforme des retraites : travailler plus pour gagner autant !

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Les retraites une nouvelle fois sur la table. Après 1 an et demi de concertation, le haut-commissaire, Jean-Paul Delevoye, a dévoilé ses préconisations pour le futur « système universel » promis par Emmanuel Macron. Entre la fin des régimes spéciaux et l’instauration d’un âge « d’équilibre » à 64 ans, les propositions risquent de faire grincer des dents.

C’est certainement la promesse de campagne la plus attendue au tournant, la réforme du régime des retraites. Ce jeudi, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a enfin rendu public ses préconisations pour le futur “système universel” promis par Emmanuel Macron, après plus de dix-huit mois de concertation. Dix-huit mois au cours desquels Jean-Paul Delevoye s’est entretenu avec les syndicats et le patronat afin de trouver des solutions pour un sujet particulièrement sensible. Si sensible que beaucoup ne s’y sont pas frottés par peur d’éventuelles répercussions sociales.

Sans surprise, le rapport de Jean-Paul Delevoye envisage une refonte complète du système, avec des retraites plus justes et plus lisibles. Fini les 42 régimes existants, ces derniers devraient fusionner pour basculer vers un régime universel dans lequel chaque euro cotisé tout au long de la carrière vaudra la même chose pour chacun, quels que soient le statut. Le texte pourrait cependant maintenir quelques exceptions et certains régimes spéciaux pourraient persister, comme ceux des militaires, de la police ou encore des pompiers professionnels. Des adaptations sont également envisagées pour les indépendants.

Vous l’aurez compris, ce changement toucherait particulièrement les fonctionnaires alors que la Cour des Comptes a pointé du doigt les nombreux avantages dont bénéficiaient la fonction publique notamment un âge de départ plus jeune et une indemnité plus élevée. Des avantages à mettre en parallèle des salaires souvent plus bas que dans la fonction privée.  

L’âge de départ à la retraite pourrait être également bouleversé. En effet, si l’âge légal de départ reste fixé à 62 ans, il deviendra désormais un âge minimum. Jean-Paul Delevoye a soutenu l’instauration d’un âge « d’équilibre » à 64 ans au taux plein en deçà duquel une décote sera appliquée sur la valeur des points et au-delà duquel il y aura une surcote. Le but est d’éviter que des salariés ne partent à la retraite avec une pension trop faible. Il s’agit également de travailler plus pour conserver une retraite à la même hauteur qu’aujourd’hui.    

S’il ne s’agit pour le moment d’un document indicatif, il est néanmoins censé inspirer un projet de loi attendu en Conseil des ministres à l’automne, avant un examen au Parlement en 2020, peut-être après les municipales compte tenu de son potentiel explosif. Quoi qu’il en soit, son entrée en vigueur n’est prévue que pour 2025… Après la présidence actuelle d’Emmanuel Macron. La rentrée s’annonce donc explosive. Les syndicats ont d’ores et déjà promis l’enfer à l’exécutif avec deux rendez-vous déjà fixés, le 21 septembre pour FO et le 24 pour la CGT.

Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir