Projet de loi “Ecole de la confiance” : la défiance des syndicats

292

Le projet de loi ministériel sur l’éducation entraîne une vague de mobilisation. Au-delà du texte contesté par des syndicats et des parents d’élèves, le gouvernement risque de devoir faire face à de nouvelles contestations.

En plus de la colère des Gilets Jaunes qui s’exprime tous les samedis depuis quatre mois, l’exécutif pourrait à présent voir s’ouvrir un nouveau front dans l’éducation nationale. En cause : un projet de loi du ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer. La loi dite « Ecole de la confiance », projet mené par M. Blanquer, voit son contenu contesté par syndicats et parents d’élèves et ce pour plusieurs raisons :

Tout d’abord l’article 1 du texte évoque « l’exemplarité du personnel éducatif »… un article qui fait craindre aux professeurs et syndicats de voir leur liberté d’expression être limitée.

L’article 6 inquiète également. Il est d’ailleurs né d’un amendement, et prévoit la création d’EPSF : des Établissements Publics des Savoirs Fondamentaux. Concrètement, il s’agit de structures qui associent les classes d’un collège et d’une ou plusieurs écoles situées dans un secteur de recrutement. La crainte est ici la mise sous tutelle des directeurs d’école. Au lieu de décentraliser l’éducation, le gouvernement montre ici sa volonté de remettre l’Etat au centre de l’éducation, un coup de force qui sent bon la 3ème république… la qualité de l’enseignement et de la crédibilité de la structure étatique en moins.

Au-delà des annonces qui inquiètent, c’est encore plus le flou qui entoure le texte qui est pointé du doigt par les syndicats. Syndicats qui ne s’étaient pas franchement indignés du vote en février dernier par l’Assemblée Nationale d’un texte rendant obligatoire l’école dès trois ans. Un texte visant pourtant déjà à placer l’État au-dessus des corps intermédiaires et surtout de la famille.

Si la grogne des enseignants et dans une moindre mesure des parents d’élèves se manifeste pour le moment essentiellement à Paris où les professeurs souffrent plus qu’ailleurs des salaires bas dans une ville capitale où le coût de la vie est très élevé, elle pourrait s’étendre et faire boule de neige. De quoi réveiller le spectre d’une coagulation des luttes… une coagulation qui n’avait pas pris avec les dernières manifestations syndicales mais qui, si elle aboutit à une grande mobilisation dans l’enseignement, pourrait mettre un peu plus en difficulté l’exécutif.