Prix des masques : les opportunistes démasqués – Pierre Bergerault

292

Il fallait s’y attendre, le prix des masques flambe. La production essentiellement assurée en Chine connaît une croissance exponentielle, du coup les fabricants n’oublient pas de se servir au passage. On a vu ces derniers jours les prix être multipliés par 15 voire 40.

Avant la crise du Covid-19, leur prix à l’unité ne dépassait pas 4 centimes. Il est aujourd’hui aux alentours de 60 centimes. Une hausse, que les distributeurs répercutent évidemment sur les clients, et qui s’explique par la logistique mise en œuvre. En effet, les masques destinés à approvisionner les hôpitaux empruntent désormais la voie plus coûteuse des airs  que celle de mers.

L’accès à cette denrée devenue rare devient une véritable course. La semaine dernière, plusieurs responsables français comme Renaud Muselier à Marseille ou Jean Rottner, président de la région Grand Est, ont révélé un scandale. Des acheteurs américains auraient racheté, 3 à 4 fois le prix, des masques à destination de la France sur le tarmac d’un aéroport chinois…

L’hystérie autour du marché des masques renvoie à la question des stocks, comme ceux constitués sous le quinquennat Sarkozy pour prévenir les risques liés à l’épidémie de H1N1. Stocks ensuite revendus imprudemment par le président François Hollande…

Et pour ne dépendre ni de la Chine ni des autres, l’Etat français aurait intérêt à changer de paradigme. Cette crise l’amènera peut-être, sait-on jamais, à se pencher sur la problématique de l’autosuffisance en matière de production. Ces dernières années ayant été largement orientées au bénéfice des délocalisations, vente de brevets à bas coût, vente du patrimoine industriel à des étrangers ou encore privatisation des intérêts de l’Etat. En tout cas le président Macron a déclaré que la France retrouverait son indépendance en matière de production d’ici à la fin de l’année, mais seulement concernant les masques. La route est encore longue…

Pierre Bergerault