Près de 8.500 respirateurs fabriqués en France seraient inadaptés aux salles de réanimation, selon une enquête de la cellule investigation de Radio France

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Quatre fleurons de l’industrie française ont reçu de l’État une commande de 30 millions d’euros pour la fabrication de 10.000 respirateurs artificiels. Or, selon une enquête de la cellule investigation de Radio France, une bonne partie de ce matériel serait inadapté aux salles de réanimation. Certains vont même jusqu’à affirmer que dans certains cas graves, ces respirateurs pourraient tuer le patient.

Sputnik« Dans un premier temps, l’État a demandé la fabrication de 5.000 respirateurs de type T60, plutôt conçu pour le transport des malades, et autant d’un modèle plus basique, l’Osiris 3, utilisé depuis 1998. Or, le T60 est difficile à assembler. Air Liquide a donc proposé de produire davantage de modèles de type Osiris 3. La proportion est donc de 1.600 T60 contre 8.500 Osiris 3, poursuit l’enquête.

Cependant, un problème inattendu est apparu. Les modèles Osiris sont des «ventilateurs de transport léger et simple d’utilisation», donc utilisés dans les ambulances plutôt que dans les salles de réanimation.

Un message transmis le 3 avril par le ministère de la Santé et le centre de crise sanitaire aux milieux hospitaliers contient une liste des appareils pouvant être utilisés pour traiter des patients malades. L’Osiris 3 n’y apparaît que dans la toute dernière catégorie. Il n’est jugé utile que dans les cas de transport les plus simples, souligne Radio France.

«Personnellement, je n’utiliserai pas un Osiris en réanimation, c’est très clair», a déclaré auprès du média Philippe Meyer, médecin-réanimateur à l’hôpital Necker. Son confrère Yves Rebufat, anesthésiste et réanimateur au CHU de Nantes, assure que «si vous vous en servez pour un syndrome respiratoire aigu, vous avez un risque de tuer le patient au bout de trois jours. Parce que ce n’est pas fait pour ça». Un point de vue partagé par d’autres experts consultés par la radio. »

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