Pétrole : dégringolade historique des prix ! – Pierre Bergerault

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Un record vieux de 17 ans battu à plate couture ! Les prix du pétrole n’ont jamais été aussi bas. Ce lundi matin sur les marchés asiatiques, le baril de Brent de la mer du Nord a perdu 6,5%, pour arriver à 23 dollars. Sur un mois, la baisse est de 53% ! Même chose pour le prix du brut West Texas Intermediate, référence outre-Atlantique, avec une baisse de plus de 5% pour s’arrêter à 20 dollars le baril, pour le moment.

A l’origine de cette chute, l’échec des négociations le 6 mars dernier à Vienne entre l’Arabie Saoudite, membre de l’OPEP, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, et la Russie. L’objectif était de s’accorder sur une nouvelle baisse de la production. Autrement dit, limiter l’offre face à la chute de la demande. Si Le Kremlin acceptait en ce sens la prolongation de l’accord de 2017 pour limiter les débits jusqu’en 2020, il n’a pas souhaité s’engager sur un temps plus long. En réaction, Riyad a décidé d’ouvrir sensiblement le robinet d’or noir pour faire chuter les prix et tordre le bras de Vladimir Poutine, en vain pour l’instant. Un bras de fer qui va toutefois faire plonger l’économie et la monnaie d’autres pays comme l’Iran, le Venezuela et tout particulièrement l’Algérie, dont les revenus dépendent directement du pétrole.

La situation américaine n’a rien arrangé. En effet, Donald Trump ayant annoncé une reprise de l’économie de son pays pour mi-avril, les producteurs de pétrole ont aussi relancé la machine… Trop tôt au vu de l’aggravation de l’épidémie de coronavirus aux Etats-Unis. Ainsi, l’or noir américain est également excédentaire et les vendeurs sont prêts à s’en débarrasser pour limiter la casse. Selon les premières estimations, le surplus de pétrole à l’échelle internationale dépasserait les 10 millions de barils par jour au deuxième trimestre.

Quoiqu’il en soit, même en tablant sur une sortie de crise rapide, -un scénario de moins en moins probable-, la remise en marche des usines prendra du temps pour revenir à la situation antérieure. Par ailleurs, les entreprises seront nombreuses à accuser le coup. Total a d’ailleurs annoncé la semaine dernière une baisse de ses investissements de plus de 3 milliards de dollars.

Seul point positif, selon le site Carbu.com, le super 95 a perdu près de 3 centimes en une semaine, actuellement à 1,29 euro par litre. Même tendance pour le gazole avec une perte de 1,4 centime à 1,26 euro par litre en moyenne. Une nouvelle d’autant plus bonne si les voitures n’étaient pas confinées au garage !

Pierre Bergerault