Offre en hausse, demande en baisse : le lait sur le feu – Pierre Bergerault

198

Retour aux quotas laitiers ! Avec la fermeture des cantines, des restaurants, la baisse de la consommation des produits frais, la filière du lait doit planifier sa production. Les acteurs du CNIEL, interprofession réunissant fédérations de producteurs, transformateurs privés et coopératifs et distributeurs, demandent aux éleveurs, sur la base du volontariat, de baisser leur production d’avril de 5%, soit 65 millions de litres. Pour ce faire, l’Institut de l’élevage recommande de réduire les apports de concentrés, une solution moins radicale que jeter du lait ou encore réduire les effectifs.

Tout le lait avait pourtant été collecté ces dernières semaines mais la traditionnelle hausse d’avril de 3,3%, liée aux naissances de printemps, ne pourra pas être vendue à cause du confinement des Français.

Les fermiers qui acceptent de réduire leur production de 2% à 5% seront payés au prix du marché pour le lait produit, soit environ 380 euros la tonne et recevront 320 euros la tonne pour le lait non produit. Le CNIEL a déjà débloqué 10 millions d’euros mais cela ne financera que la moitié de la baisse. Les pouvoirs publics ont donc été appelés au secours pour éviter la casse. Thierry Roquefeuil, le président de la Fédération nationale des producteurs de lait, a tenu à rassurer affirmant qu’il s’agit d’une mesure exceptionnelle.

En parallèle, l’interprofession demande à Bruxelles des aides pour indemniser les entreprises pouvant stocker les produits qui peuvent l’être comme la poudre de lait, le beurre et certains fromages.

En 2016, les producteurs français de lait avaient déjà dû réduire leur production contre rémunération à cause de la surproduction mondiale et de la chute des prix. Il faut donc tout recommencer et attendre la fin du confinement. C’est quand même vache !