N. Bay (RN) sur l’accord du Brexit

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Accord May-Juncker : la volonté du peuple britannique bafouée.

Alors que le peuple britannique a tranché dans les urnes et clairement exprimé sa volonté de quitter l’Union européenne, l’accord sur le Brexit qui a été conclu récemment entre Michel Barnier et Theresa May et validé par les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne constitue une véritable trahison.

D’abord parce qu’il aboutit en pratique à ce que la Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne. La Grande-Bretagne va en effet rester intégrée dans tous les dispositifs de l’Union européenne, dont le marché unique, jusqu’en 2021, alors qu’une prolongation du statu-quo est probable (et d’ores et déjà annoncée) jusqu’en 2022. Si durant cette période de transition, tout est censé être mis en œuvre pour la prétendue sortie de l’UE, y compris s’agissant des nouveaux régimes de douanes, de commerce et d’immigration, le Royaume-Uni n’aura plus de droit de vote ni de représentation dans les institutions européennes tout en devant appliquer toutes les règles communautaires, y compris celles adoptées après mars 2019.

La mise en place d’une clause de sauvegarde, intitulée « backstop », pour empêcher notamment le retour d’une frontière physique entre les deux Irlande est par ailleurs une violation de l’intégrité territoriale de la Grande-Bretagne. Cela reviendrait à amarrer l’Irlande du Nord à l’Union européenne, en l’alignant sur les normes de l’UE (sanitaires, réglementaires, fiscales, etc.).

La sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne est finalement renvoyée aux calendes grecques. Que le Parlement britannique ratifie ce projet d’accord ou non, les eurocrates auront réussi à la fois à punir le peuple britannique et à piétiner sa volonté souveraine.

Nicolas Bay est député français au Parlement européen, co-président du groupe « Europe des nations et des libertés ».