Moix, moche et méchant !

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Donneur de leçon, vilain critique de tout, Yann Moix est rattrapé par un passé qu’il n’assume pas. C’est à l’occasion de la parution d’un ouvrage autobiographique de l’individu que la polémique a pris forme, boostant d’abord les ventes de l’auteur, avant de, probablement, le condamner au silence.

Un malentendu publié il y a moins de 10 jours et déjà réimprimé trois fois pour 42 000 exemplaires… un succès presque inespéré à considérer son auteur : Yann Moix.
Connu du grand public essentiellement pour son passage comme chroniqueur chez Laurent Ruquier, ce journaliste de 51 ans s’attirait régulièrement des salves massives de critiques sur les réseaux sociaux pour sa mauvaise foi et son comportement extrêmement désagréable. Artiste plus ou moins revendiqué, Yann Moix a été réalisateur de trois navets cinématographiques et a commis une petite vingtaine d’ouvrages dont l’un, « Renaissance », a même reçu le prix Renaudot en 2013.

Jusque-là rien de bien grave… jusqu’à l’arrivée de son dernier ouvrage : « Orléans », du nom de la ville où il a résidé durant ses études primaires et secondaires. Un livre en forme de plaidoyer contre sa famille dans lequel il affirme notamment avoir été un enfant battu.

Un étalage de vie privée qui pourrait être qualifié sans trop de peine d’exhibitionnisme… une pleurnicherie de quinqua’ en crise qui n’est pas du goût de sa famille puisque son père et son frère se sont empressés de démentir les lignes les mettant en cause. Et pourtant, ce n’est pas ce déballage peu glorieux qui est reproché à Yann Moix… mais plutôt de vieux dossiers ressortis à la faveur de cette sortie littéraire de rentrée !

Des dossiers qui devraient débarrasser le paysage audiovisuel français de la présence de l’auteur… en effet, il est reproché à Yann Moix un passé d’écrivain et même de caricaturiste antisémite ainsi que des amitiés avec des personnalités condamnées pour contestation de crimes contre l’humanité.

Un procès médiatique auquel il s’attendait depuis longtemps mais dont il n’avait probablement pas mesuré l’intensité. Ami de Bernard Henri Lévy et donnant régulièrement des gages, Yann Moix avait parfois tendance à en faire un peu trop, au risque d’agacer ses interlocuteurs… eux-mêmes souvent agaçants.

Et s’il n’est jamais heureux de voir un individu jeté à la vindicte médiatique, on constatera cependant que c’est bel et bien ce genre de procédé que Yann Moix utilisait lui-même. Lâche, pas très à l’aise dans son corps chétif, ce dernier vivait finalement avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, et cette épée était tout simplement son passé ! Un passé qu’il n’assume pas vraiment même s’il dit tout endosser… mais surtout un passé dont l’immense majorité des médias avait connaissance.

Ainsi, quiconque a lu le roman « Les Porcs » de Marc-Edouard Nabe, paru en 2017, savait ces éléments. Le talentueux écrivain, peu soucieux des « qu’en dira-t-on », avait mis en avant l’ambivalence de Moix dont il fut jadis proche.
Et même avant ce roman, d’autres éléments pouvaient déjà facilement être trouvés sur internet à la faveur de quelques clics… un travail que nombre de journalistes pourtant pas avares de fatwa médiatique n’avaient pas dénié faire. Parmi les proches de Yann Moix, une personnalité ne pouvait d’ailleurs pas ignorer ce passé : Laurent Ruquier… gageons que ce dernier s’était finalement fait à l’idée de travailler avec ce personnage controversé… il ne semble en tout cas pas inquiété pour cela pour l’instant. Samedi, l’animateur de la chaîne télévisée de service public invite d’ailleurs Yann Moix… une nouvelle occasion donnée à l’écrivain de répéter ses plates excuses, occasion qu’il ne devrait pas manquer.

Une chose est sûre, la machine médiatique n’a jamais été aussi destructrice. Dans des domaines parfois moins sensibles que l’affaire Moix, d’autres en ont récemment fait les frais : le ministre de Rugy, les journalistes de la Ligue du Lol ou un peu plus anciennement Medhi Meklat. Des personnalités jamais complètement innocentes mais qui subissent de plein fouet un véritable déchaînement qui ne s’arrête qu’une fois l’individu K.O… autre point commun de ces victimes expiatoire des médias du 21ème siècle : tous étaient des donneurs de leçon…

Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir