Manuel du travailleur déconfiné – Pierre Bergerault

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Déconfinement, comment ça marche ? A une semaine d’un retour à un semblant de vie normale, le gouvernement a dévoilé dimanche les 20 pages du « protocole du déconfinement » pour les entreprises. Un document dont les règles devront être appliquées à la lettre pour éviter une reprise des contaminations.

Avec en premier lieu, un rappel des « mesures barrières » comme tousser dans son coude, éviter de se toucher le visage, se laver les mains régulièrement, respecter la distanciation sociale et rester chez soi à l’apparition des symptômes du coronavirus.

Pour ce qui est de la vie dans les bureaux, l’employeur devra «garantir une distance minimale de 1 mètre autour d’une personne». Un espace qui pourra toutefois évoluer en fonction de l’activité ou des « phénomènes de concentration difficiles à éviter». Dans ce cas, l’instauration de vitres en plexiglas est vivement recommandée. A propos des masques, ils ne doivent être portés qu’en dernier recours, si la distance d’un mètre ne peut être observée. Une mesure pour éviter au gouvernement d’avouer que la France n’en dispose pas en quantités suffisantes. En cas d’utilisation rendue obligatoire par l’employeur, c’est lui qui devra les fournir. Mais les masques n’exonèrent pas les mesures de distanciation sociale. Après usage, ils doivent être jetés dans des sacs doubles disposés dans un «espace clos réservé à cet effet». Les gants restent déconseillés car «vecteurs de transmission».

Ensuite, l’aménagement du temps de travail devra permettre aux salariés de se croiser le moins possible en appliquant des horaires décalés. Comme l’a indiqué le ministre du Travail, l’activité ne pourra pas reprendre exactement comme avant. Les salariés qui le peuvent seront donc invités à poursuivre le télétravail.

Il faudra aussi apprendre à maîtriser les déplacements. Les services recevant du public devront mettre en place une politique de prise de rendez-vous. Pour les pauses de chacun, les horaires devront être échelonnés. Un marquage au sol est conseillé pour éviter les goulots d’étranglement notamment dans les espaces propices à la discussion comme les ascenseurs. Le nettoyage et la désinfection du matériel devront être renforcés.

Concernant les interdictions, les entreprises n’auront pas le droit de dépister leurs salariés mais pourront prendre leur température tout en respectant le Code du travail. Le salarié pourra néanmoins refuser. Et si l’employeur décide de le renvoyer chez lui, il pourra alors «être tenu de lui verser le salaire correspondant à la journée de travail perdue».

En cas d’infection, les employeurs devront préparer une «procédure de prise en charge sans délai des personnes symptomatiques», qui devront être mises en confinement chez elles. Les personnes en contact avec les malades seront alors surveillées.

Et pour s’assurer du bon respect des règles, le gouvernement a déclaré qu’il y aurait des contrôles… S’il n’a pas été capable de vous protéger, l’exécutif sera toujours là pour vous verbaliser !

Pierre Bergerault