L’inquiétant projet de loi pour la reconstruction de la cathédrale Notre Dame

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Une semaine après l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, le Gouvernement s’active. Pour tenir le délai de 5 ans fixé par Emmanuel Macron, l’exécutif a adopté un projet de loi faisant fi de certaines obligations patrimoniales et sécuritaires…

Mercredi, un projet de loi pour la restauration et la conservation de la cathédrale Notre-Dame de Paris a été présenté lors du conseil des ministres. Une prise de décision rapide alors qu’Emmanuel Macron a fixé un délai de 5 ans pour reconstruire l’édifice. Un laps de temps extrêmement court au vu de l’ampleur des dégâts causés par l’incendie. Ainsi, pour espérer tenir ce cap, le gouvernement s’est donc octroyé quelques petites libertés.

Tous les coups sont permis

Des ordonnances pour faciliter la réalisation des travaux et accélérer le chantier. Une démarche louable sur la forme, beaucoup moins sur le fond. En effet, ce texte prévoit donc, pour la restauration d’un monument historique, l’un des plus précieux du patrimoine français, de déroger à toutes les règles du code du patrimoine. Comme si cela n’était pas suffisant, il rend également caduque les codes de l’urbanisme, de l’environnement, de la construction et de l’habitation, mais aussi le code de la commande publique, le code général de la propriété des personnes publiques, le code de la voirie routière et  des transports…. rien que ça. Exit donc toutes les procédures habituelles de restauration des monuments historiques.

Notre-Dame rénovée pour les JO de 2024

Une largesse qui inquiète même le monsieur patrimoine du gouvernement, Stéphane Bern qui craint un risque de confusion entre vitesse et précipitation. Un risque que le gouvernement a tenté immédiatement d’écarter. Le ministre de la Culture, Franck Riester, a assuré que tout sera fait en toute transparence et dans le respect du monument. Pourtant, cette précipitation qui n’a qu’un seul but : rénover Notre-Dame pour les Jeux Olympiques de 2024, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la cathédrale. En effet, en imposant une cadence aux nombreux ouvriers réquisitionnés et en mettant la plupart des règles de sécurité de côté, les interventions simultanées sur la cathédrale seront multipliées augmentant  de facto, les risques d’un nouveau drame humaine ou matériel sur le monument.

Autre point, cette fois-ci, développé par La tribune de l’Art, la menace sur les autres monuments. Même en formant les artisans nécessaires pour le chantier, une restauration trop rapide mobiliserait un nombre considérable d’ouvriers qui ne pourraient plus intervenir ailleurs compte tenu du nombre restreint d’entreprises spécialisées dans le patrimoine.

Ainsi, le bon sens a semble-t-il été placé aux oubliettes dans le seul but de satisfaire le caprice présidentiel de voir Notre-Dame flambant neuf pour les JO de Paris.


Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir