L’immigration, une richesse pour la France ? – Pierre Bergerault

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6,6 milliards d’euros ! Voilà les dépenses de l’État en matière d’immigration en 2019 (en hausse de 48% depuis 2012). Un chiffre publié mardi par la Cour des comptes dans un rapport sur l’entrée, le séjour et l’accueil des personnes étrangères en France. Un document dans lequel le mot « modernisation » revient plus de 30 fois. Les sages utilisent la manière douce pour faire comprendre à l’État ses lourdeurs administratives et qu’il doit favoriser l’immigration professionnelle au dépend de l’immigration familiale. Conséquences d’une politique initiée sous le quinquennat Sarkozy, premier chef d’État à atteindre la barre des 200 000 entrées légales chaque année.

Et question chiffres, la Cour des comptes a tout épluché. En 2019, si la France a délivré plus de 277 000 premiers titres de séjour à des ressortissants non européens, le rapport nous apprend que la France accueille moins que les autres grands pays occidentaux. En 2016, pour 100 000 habitants, 3,72 premiers titres de séjours ont été délivrés contre 4,42 pour l’Italie, 12,18 pour l’Allemagne ou 17,03 pour la Suisse. La Cour explique toutefois que le titre de séjour peut être différent d’un pays à l’autre. En plus de cette immigration choisie, il y a l’immigration subie. Avec 154 620 demandes d’asiles enregistrées l’an dernier, la France se place parmi les pays les plus « généreux » de l’Union européenne.

Par ailleurs, la Cour s’en prend vertement à l’OFPRA, l’Office français pour les réfugiés et les apatrides dont les délais d’instruction explosent. La procédure accélérée est de 121 jours au lieu de 15 jours et ce malgré le doublement des effectifs d’agents… Un allongement dû au fait que la France ne maîtrise pas ses frontières et que les flux ont explosé depuis la chute du chef d’État libyen Mouammar Kadhafi en 2011 qui maîtrisait les mouvements de population au sud de son pays. L’immigration irrégulière se monterait à 400 000 personnes chaque année pour seulement 30 276 départs. Des dizaines de milliers de personnes restent sur le territoire alors qu’elles devraient être expulsées.

De plus, le dispositif de premier accueil est jugé insuffisant au regard des ambitions affichées mais rarement appuyées en matière d’intégration. En effet, les régularisations dites à « bas bruits » se montent à 37 000 par an. Le clandestin la reçoit après 3 à 5 ans de présence illégale sur le territoire, selon l’affluence.

Autant d’informations qui une fois de plus finiront aux oubliettes comme tous les rapports de la Cour des comptes malgré la qualité de ses travaux et l’indépendance de ses membres.

Pierre Bergerault