Les talibans et l’école des filles

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Les talibans nous l’assurent : “les filles retourneront à l’école aussi vite que possible”. C’est ce qu’annonce le porte-parole du gouvernement taliban ce 21 septembre. Alors que leurs camarades garçons ont déjà repris le chemin du collège et du lycée,on se demande bien ce qui peut retarder la rentrée des filles. 

Samedi dernier, le gouvernement avait autorisé les garçons à retrouver leurs établissements scolaires, sans toutefois y inviter les filles, suscitant un émoi général tant en Afghanistan qu’à l’étranger. La population afghane, qui avait pris depuis vingt ans d’autres habitudes de vie, craint le retour à un régime de fer,  comparable à celui des années 90 et qui excluait totalement les femmes et les jeunes filles du savoir et de l’emploi.

Sommées par le nouveau pouvoir d’imposer la non-mixité des classes, et le port du niqab aux étudiantes, les universités privées de Kaboul ont été largement désertées en ce jour de rentrée universitaire du 6 septembre dernier. “La plupart de nos étudiants sont absents”, indiquait Reza Ramazan, professeur d’informatique à l’université Gharjistan de Kaboul. Il semble que tous ces Afghans éduqués aient pris le chemin de l’exil. Les autres craignent les talibans  “et ne savent plus de quoi leur avenir sera fait”.

Après vingt ans de hausse régulière de la scolarisation, cette situation constitue un facteur de régression particulièrement inquiétant pour ce pays.

C.H