Le RN sort les griffes face à l’islamisme (Présent)

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Marine Le Pen a rendu public vendredi un projet de loi, rédigé par le député Jean-Paul Garraud, visant à combattre « les idéologies islamistes ». Compte tenu des derniers sondages, ce projet va être très largement évoqué. Le « camp du bien », une fois sa position arrêtée (en parler ou le passer sous silence ?), nous dira si ce plan est « trop dur », « inapplicable », ou « déjà obsolète ».

Un lecteur, tout récemment, se félicitait du tournant pris par le gouvernement dans sa perception de l’islamisme et des risques de séparatisme en découlant. Quand le président de la République évoque un « projet conscient, théorisé, politico-religieux », on mesure en effet les progrès dans les mots depuis l’époque Hollande où ce dernier se refusait même à user du terme islamisme. Quant aux époques antérieures – antérieures aux vagues de terrorisme –, les alertes sur ce type de risque étaient reléguées dans la catégorie des « lubies racistes de Le Pen ». Mais quand un président, appartenant à une nouvelle gauche progressiste, celle sortie des urnes il y a près de quatre ans, se risque à user de telles expressions, et à désigner aussi clairement d’où peut venir le danger, on mesure certes l’évolution. Mais le RN considère semble-t-il que la politique actuellement mise en place par l’exécutif est insuffisante, et surtout qu’elle ne correspond pas à la gravité du constat du président lui-même. Par ailleurs, au lieu de s’intéresser aux agissements d’une faible minorité, et de se donner les moyens d’éradiquer ce fléau, le gouvernement s’ingénie à imaginer des dispositions de portée générale, qui sanctionnent tout le monde. Pire encore : la persécution à l’égard des crèches, ou les rodomontades sur la dissolution de Génération identitaire ont pour but d’accréditer l’idée d’un Etat juste, qui sanctionne de la même façon islamistes et adeptes des manifestations culturelles d’origine catholique, terroristes « séparatistes » et patriotes français.

Tenues islamistes dans l’espace public

Trois articles du projet de loi soit consacrés à l’identification de l’islamisme. Le corps du projet expose les moyens de faire disparaître cette menace, cet ennemi intérieur. L’article 33 détermine les conditions du recours à l’état d’urgence. Enfin l’article 36 assure au Parlement un suivi dans l’application de la loi, tandis que les articles 34, 35 et 37 s’intéressent à leur application dans les collectivités territoriales.

D’ores et déjà, on peut s’attendre à ce que certaines propositions ne laissent pas indifférent. Par exemple les articles 29 et 30 qui entendent modifier le Code pénal en introduisant le fait qu’une adhésion à l’islamisme constituerait en elle-même une circonstance aggravante. Ce qui frappe aussi, c’est que Garraud et son équipe semblent avoir identifié à peu près tous les canaux possibles utilisables par l’islamisme, et y répondent point par point : cinéma, publications pour la jeunesse, bibliothèques publiques, entreprises, presse, publicité, fonction publique, enseignement. Deux articles vont sans doute être spécialement commentés : l’article 10 qui interdit les tenues islamistes dans l’espace public et l’article 13 qui interdit de fait la construction de mosquées.

C’est un projet qui a donc l’air complet. La majorité peut le piller ou le combattre. Mais il faut surtout s’attendre à une grande cacophonie de sa part, dans les commentaires. C’est une spécialité macronienne dont la gestion de la crise sanitaire nous fait la démonstration quotidienne.

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