Le professeur Lejeune déclaré « Vénérable » (Présent)

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Un défenseur de la vie

C’est un grand pas en avant que vient de faire la cause de canonisation du professeur Jérôme Lejeune. Grâce à un décret promulgué jeudi par la Congrégation pour la cause des saints et approuvé le jour même par le pape François, le brillant généticien et infatigable défenseur de la vie, ami du pape Jean-Paul II et « serviteur de Dieu », a en effet vu ses vertus héroïques reconnues par le Saint-Siège. Déclaré « vénérable », il faudra à présent la reconnaissance d’un miracle pour que le célèbre codécouvreur de la trisomie 21 soit béatifié, puis la reconnaissance d’un second pour qu’il soit canonisé et déclaré saint.

Infatigable défenseur de la vie

Rappelons d’abord qu’en 1957, le professeur Lejeune (1926-1994), alors nommé expert auprès de l’ONU pour ses travaux exceptionnels sur les radiations atomiques, n’avait pas hésité à renoncer à ce poste prestigieux, ni à d’autres propositions plus avantageuses, pour consacrer exclusivement sa carrière et sa vie aux personnes souffrant de déficience intellectuelle. Et notamment aux enfants, alors largement délaissés par les grands de la science et de la médecine. C’est que, plus encore qu’un brillant scientifique, le codécouvreur de la trisomie 21, puis de bien d’autres maladies chromosomiques par la suite, était d’abord un infatigable défenseur de la vie. C’est ainsi que, pendant des années, parallèlement à ses recherches, Jérôme Lejeune donna de très nombreuses conférences dans le monde entier pour défendre les plus fragiles et rappeler à tous la dignité des personnes atteintes de trisomie. Un comportement qui devait faire l’admiration de Jean-Paul II lui-même qui, après l’avoir nommé en 1994 premier président de l’Académie pontificale pour la vie qu’il venait de créer, dira de lui qu’il a « toujours su faire usage de sa profonde connaissance de la vie et de ses secrets pour le vrai bien de l’homme et de l’humanité, et seulement pour cela ».

« Discerner aujourd’hui ce qui est juste et ce qui ne l’est pas »

Ouverte en 2007 par le diocèse de Paris à la demande du cardinal Vingt-Trois, la cause de béatification et de canonisation du professeur Lejeune avait été portée, à l’issue de l’enquête diocésaine en 2012, à la Congrégation pour la cause des saints, par le père Jean-Charles Nault, de l’abbaye de Saint-Wandrille, qui avait été nommé postulateur par l’association des Amis du professeur Lejeune, et par Aude Dugast, alors membre de la Fondation Lejeune, à qui le père Nault avait demandé de l’aider en assurant les fonctions de vice-postulateur. Devenue depuis postulateur de la cause romaine, Aude Dugast, dans un entretien qu’elle avait accordé à Présent à l’occasion de la parution de son livre Jérôme Lejeune, la liberté du savant (voir Présent du 27 avril 2019), avait indiqué à notre consœur Anne Le Pape, l’importance capitale qu’il y a, à notre époque, à faire connaître la cause et l’œuvre du professeur Lejeune. En effet, avait-elle expliqué, ses paroles « sont des paroles de sagesse. Elles sont une joie pour l’intelligence, mais sont aussi de grands soutiens pour nous aider à discerner aujourd’hui ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. La déformation intellectuelle et la déformation de la conscience sont très insidieuses, et Jérôme Lejeune a cette espèce de faculté de purifier l’intelligence. […] Donc, pour nous donner le courage d’annoncer la vérité à sa suite, il est très important de le lire. Ensuite, sur le plan spirituel, il faut le faire connaître, parce qu’il est essentiel de prier par son intercession pour obtenir des miracles, étant donné que l’on a besoin de miracles pour qu’il soit béatifié ».

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