Le grand chaos de la rentrée

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Après les nombreux couacs lors de la session du baccalauréat 2019, l’heure de la rentrée a sonné pour les professeurs. Un retour marqué par les nombreux changements opérés par le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, qui laissent le corps enseignants et les parents d’élèves sur la réserve.

Le ministre de l’Education Nationale va-t-il se faire sonner les cloches? Trois jours avant la rentrée officielle de quelque 12 millions d’élèves, les enseignants ont repris le chemin des établissements scolaires ce vendredi. Après une fin d’année particulièrement tendue marquée par la gronde des professeurs face à la réforme du baccalauréat, cette rentrée pourrait repartir sur les mêmes bases. Si la pause estivale a permis de faire légèrement baisser la tension, le retour aux choses sérieuses s’annonce riche avec de nombreux changements qui entrent en vigueur à commencer par cette fameuse réforme du bac qui a fait couler beaucoup d’encre. Si le nouveau bac, resserré autour de quatre épreuves écrites et d’un grand oral, ne verra le jour qu’en juin 2021, les changements interviennent dès cette année pour les élèves de première, qui seront les premiers à passer l’examen sous sa nouvelle forme dans deux ans.

Autre changement : l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans contre 6 auparavant. Si, dans les faits, ce changement ne concernera que 26 000 enfants entre trois et six ans qui ne fréquentent pas l’école actuellement, soit 2 % des écoliers, la mesure demeure un enjeu majeur pour certains territoires et fait grincer des dents les parents qui privilégiaient jusqu’à présent l’éducation et l’éveil de leurs enfants au domicile familial.

Toujours concernant les plus jeunes, le dédoublement de certaines classes de grande section dans les quartiers dits défavorisés. Ainsi, les effectifs de ces classes seront réduits alors qu’Emmanuel Macron s’est engagé à ce que toutes les classes de grande section, et de CP et CE1 soient limitées à 24 élèves. 

En tout, 6 grandes réformes seront mises en place. Selon Jean-Paul Brighelli, auteur de « la Fabrique du crétin : la mort programmée de l’école », qui sera interviewé dans notre JT de ce soir, cette rentrée au pas de charge pourrait être périlleuse pour le ministre de l’Education.

D’ailleurs, chaque changement est accompagné de son lot de critiques et d’incertitudes dans le corps enseignant. Face à ce malaise ambiant, le ministre de l’Education a tenté d’apaiser les tensions, lors de sa traditionnelle conférence de presse de rentrée, en multipliant les compliments envers la communauté éducative. Une avalanche de petites attentions pour désamorcer un éventuel nouveau bras de fer. Un changement de ton apprécié d’un côté mais apparenté à un banal exercice de communication de l’autre. En effet, de nombreux professeurs et syndicats enseignants dénoncent un discours rempli d’effets d’annonce.  

Surtout que des dossiers restent encore en suspens et notamment la question salariale des enseignants. Et ce n’est pas l’hasardeuse augmentation annuelle de 300 euros brut annoncée par le ministre…  en réalité un rattrapage d’un protocole gelé en 2018… qui est de nature à calmer la grogne des professeurs.

Ainsi, la réconciliation entre le ministre de la rue de Grenelle et le corps enseignant n’est pas encore à l’ordre du jour alors que plusieurs organisations ont d’ores et déjà déposé des préavis de grève pour ce mois de septembre.

Retrouvez ce sujet lors du JT de TV Libertés de ce soir.