Le gouvernement, responsable de la pénurie de masques ?

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Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, la question de l’usage des masques est au coeur de toutes les discussions. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les versions ont évolué. Avant l’entrée en vigueur du confinement, les responsables sanitaires nationaux, du directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, au ministre de la Santé, Olivier Véran, martelaient, à qui souhaitait l’entendre, que le port du masque n’était pas essentiel. Et ce malgré des témoignages toujours plus alarmants de professionnels de santé travaillant sans protection au contact des malades. 

Depuis, les discours ont bien changé et, désormais, il est même question de rendre le port du masque obligatoire. Un virage à 180 degrès pas franchement assumé. En effet, si l’exécutif a reconnu une situation de quasi-pénurie, l’éxécutif a toujours rejeté la faute sur les précédents gouvernements. 

Et il a, en partie, raison. Le ministre de la Santé sous François Hollande, Marisol Touraine, a confirmé ne pas avoir concentré ses achats sur les masques. A la fin du mandat du président socialiste, seuls 100 millions de masques étaient encore utilisables sur le stock de 700 millions mis en avant par l’ancien ministre. 

Une part de responsabilité, donc, mais le gouvernement actuel était au courant de cette situation. En effet, l’ancien directeur de Santé publique France de 2016 à 2019, François Bourdillon, a confirmé que son organisme a alerté le ministère de la Santé à au moins deux reprises sur la question. Pire, un premier rapport, rendu en 2018, est catastrophique: les seuls masques restant à l’époque se périmaient quelques mois après. De faibles commandes insuffisantes auraient été passées et certains auraient considéré qu’un stock de masques pour la population n’était pas si important que ça. En 2019, des experts de Santé publique France auraient rendu un avis similaire. Cependant, rien n’a été fait pour améliorer la situation. Désormais, l’exécutif tente par tous les moyens de se sortir de ce guêpier en se réfugiant derrière un revirement scientifique. 

Thibault Bastide