Le casse-tête des Parisiens exilés – Thibault Bastide

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Après la grande fuite, le retour ordonné. Alors que plusieurs centaines de milliers d’habitants de l’agglomération parisienne ont fait le choix de quitter la Capitale avant d’être confinés, il est désormais question d’organiser leur retour. Mardi 28 avril, le secrétaire d’Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, a indiqué qu’il souhaitait un retour ordonné du quasi-million d’habitants exilés. Si un certain nombre d’entre eux ont d’ores et déjà effectué des réservations de billets de train pour rentrer, le ministre a assuré qu’il allait organiser dans les prochains jours le retour de ceux qui le souhaitent mais surtout de ceux qui besoin de reprendre physiquement le chemin du travail. Cette mission pourrait être extrêmement compliquée à mettre en place. En effet, le trafic ferroviaire est extrêmement réduit et la SNCF ne peut pas vendre plus de la moitié des sièges, distanciation physique oblige.

Des restrictions qui devraient être maintenues pendant la période post-confinement entre le 11 mai et le 2 juin afin de limiter le risque de propagation du virus entre régions. En ce sens, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé que les déplacements interdépartementaux et interrégionaux resteraient réduits aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux.

Comment organiser le retour d’un million de Parisiens éparpillés aux quatre coins de la France tout en prenant en compte les règles imposées pour le déconfinement?

C’est l’équation que devra résoudre le secrétaire d’Etat aux transports en un temps record. S’il est vrai que de nombreux parisiens se sont exilés en voiture, pour les autres, en revanche, la facture pourrait être salée. En effet, avec seulement 50% des sièges disponibles, la rentabilité des TGV n’est pas assurée. Ainsi, les prix des billets pourraient s’envoler à moins que l’Etat ne prenne une part à sa charge. Quoiqu’il en soit, l’exil des Parisiens ne sera pas sans conséquences.

Thibault Bastide