Le Brexit vire à l’imbroglio ?

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Les rebondissements s’enchaînent en Grande-Bretagne. Après la défection d’une vingtaine de conservateurs, le Parlement a rejeté mercredi la proposition d’élections le 15 octobre prochain. Les députés veulent contraindre Boris Johnson à réclamer un nouveau report du Brexit.

Boris Johnson dans une situation de plus en plus compliquée

Pas de no deal, et pas d’élections, et plus de frère dans le gouvernement. Les mauvaises nouvelles n’arrêtent plus de tomber pour Boris Johnson. Ce jeudi matin, le coup dur venait de sa propre famille avec la démission de Jo Johnson, secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur, du gouvernement et de son siège de député. L’homme déclare être tiraillé entre la loyauté familiale et l’intérêt national. En effet, alors que le premier ministre a toujours revendiqué sa volonté de mener le Brexit à bien, coûte que coûte, conformément à la volonté des Britanniques exprimée il y a plus de 3 ans, Jo Johnson plaide quant à lui pour un nouveau référendum sur le Brexit. Quoi qu’il en soit, il apparaît que le moment pouvait difficilement être plus mal choisi pour Boris Johnson. 

Ainsi, à peine 6 semaines après son arrivée au 10 downing street, l’ancien maire de Londres est dans une situation de plus en plus compliquée. Mercredi, les députés britanniques ont décidé de contraindre le premier ministre à réclamer un report de la date butoir pour le Brexit, du 31 octobre au 31 janvier 2020. 

En une semaine, c’est un véritable retournement de situation qui s’est déroulé. En effet, Boris Johnson abordait les prochaines rencontres avec les instances européennes en position de force. Élu haut la main par les députés conservateurs, il pensait avoir les coudées franches pour bomber le torse. De quoi même espérer un fléchissement de Bruxelles, comme les déclarations d’Angela Merkel le laissaient entendre.

Mais patatras, le Parlement britannique en a décidé autrement. Avec le départ des 21 tories et la perte de la majorité, Boris Johnson a vu sa position de force vaciller. En effet, la poigne du premier ministre avait montré à Bruxelles qu’il était prêt à aller au bout de ses promesses en conduisant un Brexit sans accord s’il y était contraint. De son côté, l’Union Européenne craint qu’en cas de no-deal, Londres refuse ensuite de s’acquitter des 40 milliards qu’elle s’est engagée à régler pour solder ses comptes, d’autant plus que Boris Johnson a déjà émis cette hypothèse. A ce moment, les eurocrates avaient tout intérêt à trouver un consensus.

Politiques et électeurs déchirés ?

A présent, les déchirures entre les brexiters et les européistes sont béantes, aussi bien dans l’appareil politique britannique en général que chez les conservateurs. Mais une autre fracture devient de plus en plus visible. C’est celle qui sépare désormais les électeurs, de leurs représentants politiques. En effet, les manoeuvres des parlementaires semblent clairement oublier la volonté des Britanniques de sortir de l’UE.

Dans ce cadre, le champ des possibles est particulièrement large. Boris Johnson, lui, a tout intérêt à espérer que des élections puissent finalement se tenir le 15 octobre. En effet, le président du Brexit Party, Nigel Farage a déjà annoncé qu’il ne présenterait pas de candidat face aux conservateurs pro-Brexit… De quoi laisser espérer un possible succès pour Boris Johnson… Une éventualité qui explique l’opposition du Parlement face à la tenue d’élections anticipées.

Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir.