Le 93 au bord du gouffre – Thibault Bastide

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Après 22 jours de confinement, un département attire particulièrement l’attention : la Seine-Saint-Denis. En effet, si le Covid-19 frappe partout en France, le 93 est extrêmement touché, avec une hausse vertigineuse des décès qui a atteint 63 % entre la troisième et quatrième semaine de mars, loin devant la Haute-Marne (+54%) et le Val-d’Oise (47%). En tout, 240 personnes sont mortes dans ce département le mois dernier. Une situation particulièrement préoccupante pour les autorités sanitaires. Et pour cause, la zone urbaine cumulent les handicaps face au coronavirus. Certes, la Seine-Saint-Denis compte beaucoup d’hôpitaux mais ce département reste le territoire le plus pauvre de la métropole. A cela il faut également ajouter le risque de saturation des cimetières. Les élus sont de plus en plus sollicités à ce sujet notamment pour les demandes de carrés musulmans alors que tous les cimetières n’en sont pas dotés.

Pour expliquer cette augmentation inquiétante de la mortalité, les raisons sont nombreuses. Tout d’abord, la Seine-Saint-Denis compte énormément de familles nombreuses vivant dans de petits appartements mais également dans des bidonvilles. Des situations précaires propices à une transmission rapide du coronavirus.

Mais au-delà de ce constat, il faut également rappeler que le confinement est une notion abstraite dans certains quartiers de Seine-Saint-Denis et les forces de police ont bien du mal à faire respecter les consignes, le ministère de l’intérieur ayant appelé à agir avec discernement. Si ce laxisme a pour but d’acheter la paix sociale, le bilan humain, lui, pourrait être bien plus salée d’ici la fin de la crise sanitaire.

Thibault Bastide