L’Allemagne serre la vis contre le blanchiment

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Après des années de laxisme, le gouvernement d’Angela Merkel a fait de la lutte contre ce fléau une priorité. Mais, face à l’ampleur de la tâche, les autorités sont à la peine.

Venant d’un Sicilien, la remarque aurait pu prêter à sourire outre-Rhin. « Si j’étais un mafioso, j’investirais en Allemagne », avait affirmé, en 2010, le procureur Roberto Scarpinato lors d’un entretien accordé au quotidien munichois Süddeutsche Zeitung. Ce n’était pas une boutade. Le célèbre magistrat italien, spécialisé dans la lutte contre la Mafia, dressait le tableau alarmant d’une Allemagne prisée des réseaux criminels transalpins, qui y recyclent volontiers leur argent sale, en raison de son économie prospère, mais aussi, et surtout, de sa tradition tenace du paiement en espèces ainsi que de la faiblesse des contrôles pratiqués dans le pays.

Le Monde