La question taïwanaise peut-elle déclencher la troisième guerre mondiale ?

1157

Au cours des célébrations de la fête nationale chinoise, 150 avions de l’armée populaire chinoise ont envahi la zone aérienne de défense de Taïwan.

Cette manifestation de force de la Chine vise à réaffirmer la détermination de la Chine à “réunifier” l’ancienne Formose (ancien nom de Taïwan) à la “mère patrie.” Par là même, la Chine montre aussi aux États-Unis et aux forces occidentales que tout appui à la jeune démocratie taïwanaise serait considéré comme une provocation inacceptable. Le régime chinois considère en effet cette île peuplée de 23 millions d’habitants comme faisant partie intégrante du territoire chinois et rêve d’achever l’œuvre de Mao, lequel préparait une invasion de Taïwan en 1950, avant que la guerre de Corée ne mette fin à ses ambitions.

La présidente de l’île de Taïwan, Tsai Ing-Wen, réélue triomphalement en 2020, a réaffirmé sa volonté inébranlable de résister aux assauts du rouleau compresseur chinois et de préserver le caractère démocratique de Taïwan, caractère malgré tout fragile puisque Taïwan, ne voulant pas franchir la ligne rouge, n’a jamais déclaré son indépendance officielle pour autant.

La Chine, poursuivant son ambition de conquête de l’Île, entend rapidement combler son retard technologique, notamment en moyens amphibie, afin de programmer une invasion éclair et gigantesque de l’Île.Toutefois la perspective d’une guerre avec les Etats-Unis met son projet en attente. Un gouvernement américain isolationiste, qui se détacherait de la question taïwanaise, lui permettrait alors de mettre son projet à exécution et c’est la perspective que souhaite voir se dessiner un jour prochain le grand timonier Xi, qui laisse entendre qu’il souhaite “régler la question taïwanaise“. Cela pourrait bien intervenir durant son prochain mandat qui va débuter en 2022.

Quelle sera alors la réaction des États-Unis notamment, qui ont malgré tout continué  à apporter leur soutien à Taïwan ? C’est bien là le risque d’un conflit majeur, “avec celui aussi  d’une escalade nucléaire”, ajoute Bonnie Glaser du Centre for Strategic and International Studies, l’un des experts les plus chevronnés sur ce dossier.

Taïwan est un enjeu stratégique dans la suprématie en Asie-Pacifique et à l’échelle planétaire. L’enjeu de Taïwan, territoire plus petit que les Pays Bas, décidera en partie le visage du XXIème siècle sur les plans géopolitique, économique et politique.

CH