La fin du cash pour nous sauver la vie ? – Pierre Bergerault

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L’argent liquide en voie de disparition ? C’est l’un des effets de cette crise, les consommateurs délaissent le cash par peur d’être contaminés au contact de leurs pièces et billets. Entre le 23 et le 29 mars, les retraits ont diminué de 60% et même de 76% à Paris.

Avec la fermeture des commerces non obligatoires, les Français consomment moins mais sont-ils en train de modifier leurs habitudes de consommation ? En tout cas, ils sont de plus en plus nombreux à préférer le paiement via le téléphone portable ou le sans contact avec la carte bleue, qui ont  augmenté de 4% depuis le début du confinement. De plus, nombre d’enseignes indiquent ne plus accepter le cash. De son côté, Carrefour a augmenté le plafond du paiement sans contact de 30 à 100 euros.

Et au nom de la santé, de la lutte contre la propagation du coronavirus, tout est fait pour réduire l’utilisation des espèces. En témoigne la démarche de l’Autorité bancaire européenne qui a demandé aux autorités de chacun des 27 pays de l’Union européenne, de faciliter le « sans contact ». Les banques étant la courroie de transmission plus ou moins contrainte du Fisc, Vincent Duval, directeur général de Paylib, société de paiement détenue par plusieurs réseaux bancaires français, explique avoir diffusé aux commerçants des affichettes pédagogiques à placarder, incitant au paiement sans contact. Et le message passe puisque depuis le 20 mars, ces modes de paiements ont augmenté de 20% par jour.

Reste à connaître les conséquences qui découleraient d’une économie sans cash. Si certains dénoncent un empiétement supplémentaire sur nos libertés jusqu’à être suivi à la trace pour accroître le contrôle de l’Etat, un tel système nous empêcherait de donner un pourboire, de prêter à un ami, de récompenser notre enfant avec une pièce.

De son côté, l’Etat invoquait l’argument de la lutte contre la fausse monnaie allant jusqu’à supprimer le billet de 500 euros. Les plus grands détournements de ces dernières années se sont pourtant déroulés sur internet… sans avoir à transporter des valises de billets. Avec le Coranavirus, c’est désormais pour nous sauver la vie que l’Etat veut tarir le liquide. 

Entre les deux, les présidents de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et du Conseil national du numérique (CNNum) précisent que « le chiffrement constitue un rempart contre l’arbitraire des États. Il nous protège aussi contre le contrôle croissant des acteurs économiques sur nos vies ».

Selon certains observateurs, dans 3 à 5 ans, 80% des paiements seront réalisés avec des moyens dématérialisés. En Suède, ils sont déjà des milliers à payer à l’aide d’une puce implantée sous la peau

Pierre Bergerault