La consommation d’ecstasy explose à Paris

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Présentée par certains comme une drogue récréative, l’ecstasy fait des ravages dans le milieu de la nuit parisienne. Elle serait à l’origine de 10 décès depuis le début de l’année et les autorités n’arrivent pas à endiguer le phénomène.

L’ecstasy, la nouvelle terreur des soirées parisiennes

Alors que, jusqu’à présent, la cocaïne était présentée comme la drogue récréative par excellence, depuis un an, c’est l’ecstasy qui est au cœur de toutes les préoccupations de services de santé. Présentée comme une drogue «festive», ce produit est devenu une véritable machine à tuer. Selon le dernier bilan de la brigade des stupéfiants de Paris, cette drogue de synthèse serait à l’origine d’une dizaine de décès en 2019 rien que pour la Capitale, soit près du tiers des vingt-huit décès par overdoses enregistrées sur la même période. 

Il faut dire que l’ecstasy provoque des effets extrêmement puissants. En effet, connues également sous le nom de MDMA, molécule de la famille des amphétamines, ces pilules dites de «l’amour» ont un effet quasi-immédiat et de longue durée. Pendant près de huit heures, les consommateurs connaissent montée de chaleur, augmentation du rythme cardiaque, hallucinations et paranoïa… Tout pour annihiler la sensation de fatigue.  

Cependant, les dangers peuvent également être immédiats. Provoquant des arythmies cardiaques et des détresses respiratoires, une seule pilule ingérée en une seule fois peut conduire à la mort d’autant que, depuis cinq ans, les comprimés sont devenus de plus en plus gros et contiennent des doses de MDMA de plus en plus fortes. Les doses dépassent parfois les 200 mg par cachet quand il y a dix ans, elles plafonnaient autour de 70 mg. Un problème de surdosage auquel il faut ajouter un changement des modes de consommation. Ces produits sont par ailleurs présentés sous forme de bonbon avec des noms issus de la culture populaire comme  » Trump« , « Sprite », « Superman », « Donkey Kong », « Snowball » ou encore « Neige de Floride ». Des noms évocateurs pour une clientèle souvent très jeune.  

Un profit juteux pour les dealers

Une accroche marketing à laquelle il convient d’ajouter un prix défiant toute concurrence. Quand la cocaïne se vend entre 20 et 40 euros le gramme, 100 euros pour l’héroïne, la pilule d’ecstasy, elle, se vend 10 euros… Abordable donc pour toutes les bourses . D’ailleurs, les dealers ont flairé le bon filon. Leur bénéfice est de 1 à 14 avec un prix de revient de 70 centimes la pilule quand elle est achetée par lot de 1 000. Certains peuvent ainsi empocher entre 50 et 350 euros par soirée.

Avec un produit attractif tant visuellement que financièrement et des dealers prêt à tout pour faire le plus de bénéfice, les autorités ont bien du mal à endiguer le phénomène. Malgré la multiplication des campagnes de prévention  et de plus en plus d’agents mobilisés, l’ecstasy s’est implanté durablement dans le milieu de la nuit parisienne. Selon l’organisation mondiale de la santé, 125 décès ont été attribués à cette drogue au Royaume-Uni lors des trois dernières années.

Photo : DR