« Jésus est pédé ». Aucun problème pour le Conseil d’Etat (Breizh Info)

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BI – Le Conseil a validé il y a quelques jours, sur la forme, la dissolution de Génération Identitaire. Il vient, par contre, d’estimer qu’un artiste peut parfaitement changer « Jésus est pédé » sur une radio du service public, en l’occurence France Inter, à heure de grande écoute.

En janvier 2020, Frédéric Fromet imaginait Jésus en membre de la communauté LGBT en chantant : « Jésus, Jésus, Jésus est pédé, y a pas que l’hostie qu’il faut sucer. Du haut de la croix, Jésus aime son prochain, surtout s’il est masculin ». Avec les impôts de votre redevance. Cela avait provoqué une levée de boucliers au sein de la communauté catholique, mais pas que….puisqu’une plainte d’une association LGBT, le comité Idaho France, avait été déposée, pour des motifs qu’elle expliquait au Parisien : « Que Jésus, Mahomet ou Bouddha soient homosexuels, trans, bisexuels ou queer ne nous dérange pas, que les jurons homophobes soient utilisés pour parler de leurs orientations sexuelles nous dérange et nous choque. »

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) – qui n’a pas hésité à sanctionner Cnews récemment, chaine pourtant privée, en raison de propos d’Eric Zemmour – avait choisi de ne pas sanctionner France Inter : « S’il a noté que de très nombreuses personnes avaient été heurtées par les propos tenus à l’antenne par l’humoriste, le Conseil a estimé que ceux-ci n’excédaient pas les limites de la liberté d’expression, dont il est le garant et qui vaut aussi pour les idées polémiques qui heurtent, choquent ou inquiètent. »

Saisi à son tour, le Conseil d’État a lui aussi estimé que la chanson d’Inter contenait des termes « souvent obscènes et grossiers ». « Il ressort cependant également des pièces du dossier, précise le Conseil, que la diffusion de cette chanson, qui visait à critiquer les attitudes de discrimination à l’égard des personnes homosexuelles et dont les termes ne comportaient aucun encouragement à la discrimination envers un groupe de personnes déterminé à raison de leur religion, s’inscrivait dans le cadre d’une séquence à vocation explicitement satirique. »

Et de conclure : « Malgré leur caractère outrancier, ces propos, qui sont restés isolés et ont au demeurant fait l’objet d’excuses ultérieures […], ne peuvent dès lors être regardés ni comme excédant les limites de la liberté d’expression ni, s’agissant de la société nationale de programme qu’est la société Radio France, comme caractérisant une méconnaissance par cette société de son obligation légale de concourir à la cohésion sociale et à la lutte contre les discriminations. »

Breizh Info