Israël : le plan gagnant-gagnant pour Trump et Netanyahou

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Donald Trump a présenté son plan de paix au Proche-Orient mardi devant le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Une proposition qui met d’accord l’oncle Sam et Israël mais ne fait pas les affaires de la Palestine, transformée en territoire-gruyère.

L’amitié entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou se confirme

Mardi, après plus de trois ans d’attente, le président étasunien a présenté son plan pour la paix au Proche-Orient censé résoudre le conflit israélo-palestinien. Un projet de 80 pages dévoilé en grande pompe dans l’East Room de la Maison Blanche en compagnie du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Une cérémonie lors de laquelle Donald Trump a vanté un projet « gagnant-gagnant » avec une solution réaliste à « deux États

Le locataire de la Maison-Blanche a donc donné satisfaction à Benyamin Netanyahou. En effet, Donald Trump a fait la part belle aux revendications des partis politiques les plus intransigeants d’Israël. Parmi les concessions figurent la reconnaissance de Jérusalem comme « capitale indivisible » de l’Etat hébreu et la souveraineté d’Israël sur la vallée du Jourdain, territoire jouxtant la Jordanie et comptant pour près d’un tiers de la Cisjordanie et occupé par l’état hébreu depuis plus d’un demi-siècle. Des satisfactions non négligeables données au camp Netanyahou que Donald Trump avaient à coeur de nuancer avec une prétendue compassion à l’égard du peuple palestinien.

Les Palestiniens méritent d’exploiter leur potentiel mais sous de nombreuses conditions. En effet, le plan de paix prévoit la création d’un Etat palestinien démilitarisé en Cisjordanie avec la bande de Gaza et des territoires situés non loin de la frontière égyptienne connectés via un tunnel avec pour obligation le rejet clair du terrorisme. Naturellement, le président palestinien, Mahmoud Abbas a rejeté cet accord arguant que Jérusalem n’était pas à vendre.

Des annonces loin de faire l’unanimité donc. Mais la démarche de Donald Trump avec Benyamin Netanyahou ne se limite pas au conflit israélo-palestinien. En effet, la présentation d’un plan de paix ambitionnant de résoudre un des plus vieux conflits constitue avant tout un véritable coup de com’ pour sa campagne présidentielle. De quoi mobiliser la puissante communauté évangéliste acquise à sa cause, le tout en plein ersatz de procès pour sa destitution. Du côté de Benyamin Netanyahou, l’intérêt du plan surpasse aussi la géopolitique. En effet, il pourrait faire oublier ses déboires judiciaires à un mois de nouvelles élections en Israël où Benjamin Netanyahu est aux prises avec une inculpation pour corruption.
Un compromis gagnant-gagnant pour les deux hommes qui a reçu l’aval d’une grande partie de la communauté internationale. Londres a qualifié le plan de « proposition sérieuse » qui « pourrait constituer une avancée positive et le ministère français des Affaires étrangères a salué les efforts du Président Trump sans pour autant montrer une adhésion complète pour le plan. En effet, le Quai d’Orsay a toujours plaidé pour une solution à deux États.

Seule la Russie s’est montrée plus prudente prônant des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens, afin de parvenir à un compromis mutuellement acceptable, sous entendant que la proposition de Donald Trump… ne l’était pas.