Immigration : Macron drague à droite (Présent)

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Tandis que ses quatre ministres battent le pavé marseillais en présentant un énième plan de lutte anti-stupéfiants, Emmanuel Macron a parlé immigration. Comme une sorte de hasard mêlant Marseille, drogue et immigration, l’exécutif met en branle un plan de communication offensif avec en ligne de mire les municipales et évidemment les présidentielles de 2022.

Tandis que les corps sociaux et professionnels se mobilisent contre la réforme des retraites, la majorité a donc allumé un deuxième foyer d’incendie sans trop savoir s’il s’agit d’un embrasement supplémentaire, d’un habile contrefeu ou d’une accélération soudaine du calendrier politique. Une chose est certaine, il vient mordre dans la rentrée politique de Marine Le Pen qui en était à régler les questions internes relatives à l’attitude à adopter sur le plan de la PMA.

On se rappelle pourtant très bien les annonces d’Emmanuel Macron fixant en décembre 2018 les thèmes du grand débat national censé répondre à la crise des Gilets jaunes, la faute à un tempo jugé mauvais, la faute à un sujet qui divise au sein même du cabinet présidentiel entre directeur de cabinet, adjoint et secrétaire général de l’Elysée comme le confiait un habitué du Palais au Figaro.

« Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet en face », a-t-il argumenté face aux parlementaires, dont de nombreux transfuges du PS. « En prétendant être humaniste, on est parfois trop laxiste », a-t-il poursuivi en ciblant particulièrement « la gauche » qui « n’a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies. Les classes populaires ont (…) migré vers l’extrême droite, a analysé le président. On est comme les trois petits singes : on ne veut pas regarder » s’est exclamé le Président devant les élus de sa majorité. L’immigration doit enfin figurer au menu du Conseil des ministres de mercredi.

Las, la volonté d’Emmanuel Macron « d’en finir avec ce tabou » se heurte aussi à l’aile gauche de sa majorité qui a publié ce mercredi une lettre ouverte au Président réclamant notamment de ne pas céder aux sirènes populistes lui susurrant de remettre en question l’Aide Médicale d’Etat. Mais ils ne sont, aux yeux du Président, qu’une marge acceptable, en effet les plans de l’Elysée ne visent pas du tout l’aile droite de LREM mais bien cet espace qui le sépare du RN et qui occupe encore le terrain localement.

En tout cas, ce débat est l’occasion rêvée pour Marine Le Pen d’aborder cette rentrée en opposante numéro un. Car Macron a parfaitement compris que la seule porte menant à sa réélection passe par un duel contre la Présidente du RN. Appuyant auprès de ses troupes sur l’importance d’un clivage qui aurait été, selon lui, la volonté des Français, Macron consolide le RN en draguant ouvertement l’électorat LR sensible aux questions d’immigration. Comme si, en pêcheur implacable, l’ancien ministre de Hollande voulait écumer le banc LR jusqu’au plus petit poisson ou jusqu’à la plus petite mairie…

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