Grève : le calme avant la tempête ?

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Deux manifestations d’ampleur, neuf jours de grèves, des annonces ministérielles qui ne convaincront pas les mécontents et un ralliement en demi-teinte de la CFDT : l’actualité de ces derniers jours a largement été marquée par le mouvement de contestation né de la réforme des retraites. Après une semaine d’agitation, les principaux acteurs se jaugent avant la mobilisation du 17 décembre.

Le calme avant la tempête ?

Vendredi, les transports étaient encore largement perturbés, notamment à Paris où les lignes fonctionnant étaient largement saturées, et huit d’entre elles fermées. Côté SNCF, seuls un TGV et un Transilien sur quatre auront circulé en moyenne ce jour. Sur les routes, les bouchons se sont accumulés inégalement ces derniers jours. Sans que l’on puisse parler de paralysie, ce mouvement touche largement la majorité des usagers. 

Concernant la bataille de l’opinion, les syndicats vont tenter un coup de force le 17 décembre et pourront compter sur le ralliement de la CFDT, ainsi que, dans une moindre mesure, sur celui de la CFTC. Une manifestation qui sera à observer de très près notamment concernant les violences de manifestants, d’infiltrés et de la police avec toujours en toile de fond le spectre du préfet Lallement et ses méthodes controversées.

Par médias interposés et sur les réseaux sociaux, les différents acteurs mènent le combat

Côté gouvernement, l’intervention assez adroite du premier ministre aura eu le mérite de convaincre son propre camp et probablement une partie du centre droit. Ses lieutenants insistent également, souvent avec moins de talent, à l’image du terriblement transparent Stanislas Guérini, délégué général de La République En Marche, qui a insisté sur l’âge dit d’équilibre à 64 ans quand le ministre de la transition écologique et solidaire demande, en jouant le mélodrame, que les grévistes entendent les difficultés des français.

La communication gouvernementale n’a cependant pas réussi à faire taire les critiques liées au haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye, ses revenus et retraites bien garnis ainsi que ses liens avec les milieux des assurances très intéressés par la réforme.

En face, la CFDT a du mal a expliquer sa position d’hostilité à une partie du texte seulement quand la CGT et les autres syndicats contestataires jouent la carte du retrait intégral menaçant de bloquer le pays pour Noël. 

Les meneurs des centrales d’extrême gauche jouent la ligne dure au risque de voir l’opinion se retourner… des meneurs dont les généreuses rémunérations auront tôt fait de remonter à la surface.

Et après ?

Ce vendredi, la moitié des raffineries de la métropole étaient touchés par la grève et de nombreux secteurs pourraient franchir le pas par opposition à la réforme mais aussi par rejet plus général de la présidence Macron. Difficile de savoir ce que va devenir le front syndical, l’opposition entre la CFDT et le gouvernement étant possiblement factices. Dans le cas contraire, des négociations entre Laurent Bergé et Matignon pourraient avoir lieu en toute discrétion pour envisager un arrangement. 

Difficile également de savoir qui joue quel rôle dans ce jeu de dupe… et si le gouvernement tiendra face au mouvement en cas de mobilisation massive le mardi 17 décembre. L’exécutif pourrait dans ce cas jouer la carte du pourrissement, laissant les syndicats bloquer les transports à Noël pour retourner l’opinion…

Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir