G7 de Biarritz : une ville en état de siège

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Biarritz retient son souffle. Dans trois jours, le sommet du G7 commencera dans la ville touristique de la côte basque. Un événement sous très haute-surveillance qui place le secteur dans une situation inédite… 

Le G7 devrait réunir quelque 5000 personnes toutes délégations confondues dans une ville qui ne compte hors saison qu’à peine 25 000 habitants. De quoi réquisitionner les hôtels et toute forme d’hébergement de la zone… Un moindre mal pour le commerce qui vivra toutefois en apnée en raison des mesures de sécurité. 

Pour l’encadrement de l’événement ainsi que du contre-sommet, tenu à Hendaye (frontière espagnole), le ministre de l’Intérieur a annoncé un déploiement impressionnant : 13000 forces de l’ordre ! les dispositions seront belles et bien exceptionnelles et pas uniquement dans le domaine sécuritaire mais aussi au niveau judiciaire. En effet, en prévision des arrestations de manifestants, 17 procureurs, 70 avocats et 300 cellules de garde à vue ont été prévus. Des avocats qui auront sans doute du travail puisque le ministre de l’intérieur a déjà annoncé son intention de frapper fort face aux opposants.

Tout porte à croire que le gouvernement, déjà affublé d’un lourd bilan avec la gestion des Gilets Jaunes, est prêt à tout pour éviter un camouflet international avec des débordements lors de la rencontre. C’est aussi dans ce cadre que les mesures restrictives à l’intention de la population se sont multipliées, quitte à créer un mécontentement généralisé… Les tags et les démonstrations de colère à l’égard de l’événement organisé en pleine période touristique fleurissement en effet un peu partout sur les routes.

La circulation est largement interdite et les véhicules ne peuvent d’ores et déjà plus stationner dans les zones sensibles, au plus près du rendez-vous. Des difficultés qui ne pourront pas être réglées par les transports en commun puisque les principales gares de la côte, Biarritz, Bayonne, ainsi que Guéthary, et Boucau seront fermées, à l’instar de l’aéroport de la ville d’accueil. Des badges et accréditations selon les zones ont été distribués aux Biarrots et au touristes pour qu’ils puissent accéder à leurs habitations, mais l’opération a découragé de nombreux vacanciers. Certains hôtels, assurés d’être occupés avec les délégations officielles, ont même fait le choix d’annuler des réservations. 

Les services sociaux, notamment ceux réservés aux personnes âgées, ont déjà prévenu leurs bénéficiaires qu’il fallait s’attendre à des modifications. Les personnes les plus vulnérables devraient pouvoir recevoir leurs aides à domicile, mais les moins dépendants sont quant à eux perdants. Le centre communal d’action sociale d’Anglet, la ville mitoyenne avec Biarritz a d’ores et déjà annoncé l’annulation des visites à certains. 

Les répercussions pour les commerçants restent pour l’heure la grande inconnue du rendez-vous

Si l’Etat a déjà prévenu qu’il n’y aurait pas de compensation financière à envisager, Serge Istèque, le représentant des commerçants du quartier des Halles de Biarritz se veut plus rassurant. Il espère d’abord que le rendez-vous permettra de mettre en avant la ville et invite les magasins à rester ouverts. Il explique également que des dossiers de demande de remboursement des manques à gagner pourront être examinés par la suite… 

Les vendeurs sur la plage ont quant à eux vu leur contrat écourté. En effet, la grande plage de la ville sera tout bonnement interdite aux baigneurs et autres amateurs de sports aquatiques. Les quelques yacht club de la région devraient quant à eux bénéficier d’un dispositif de surveillance tout particulier… Considérés comme un symbole de richesse et du grand capital, ils pourraient constituer une cible de choix pour les anti-G7.
Il faut dire que les opposants au sommet ont déjà investi les lieux puisque leur rendez-vous commençait ce mercredi. Mardi, ils étaient en pleine installation de leur quartier général, à Urrugne, à quelques kilomètres d’Hendaye. Une zone arc-en-ciel nettement investie par l’extrême-gauche. Plusieurs personnalités très marquées comme Philippe Martinez, le patron de la CGT et Eric Cocquerel de la France Insoumise.

Une image plutôt rouge que l’organisation « G7 Ez » (Non au G7 en basque), aimerait parer d’enracinement rouge et vert, couleurs du pays, mais les publications sur les réseaux sociaux en écriture inclusive prouvent souvent que les préoccupations relèvent assez peu du régionalisme… L’association altermondialiste Attac est particulièrement investie dans l’événement. 

Reste désormais à savoir si les blacks blocs feront également le déplacement… Quoi qu’il en soit, les conséquences de l’organisation du sommet, et le tissu très militant de la région a de quoi inquiéter l’exécutif.

Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir.