Fruits et légumes : ces denrées de luxe – Pierre Bergerault

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Fruits et légumes à la flambée ! La hausse des prix des fruits et légumes bat des records. Lors de la semaine du 6 avril par rapport à celle du 2 mars, les produits conventionnels ont augmenté de 6% et ceux issus de l’agriculture biologique de 12%. Et ce n’est qu’une moyenne ! Les tomates bio en grappe s’achètent par exemple 25% plus chères, les bananes bio 12% et les Golden 9%. De quoi inquiéter les consommateurs dont les fruits et légumes représentent un quart du panier des produits de première nécessité.

Cette hausse généralisée s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, avec le confinement, les Français se restaurent chez eux matin, midi et soir, ont davantage le temps de faire la cuisine, ce qui fait augmenter la demande. Les paysans ne suivent plus le rythme.

Avec la fermeture des frontières pour lutter contre la propagation du coronavirus, il y a aussi le phénomène de raréfaction. Les produits venant de Pologne et d’Italie, nombreux, n’arrivent plus sur les étals des marchés en extérieur qui sont d’ailleurs souvent interdits. Mais la raréfaction n’explique pas tout. Certains produits disponibles en abondance ont eux aussi augmenté car la main d’œuvre bon marché qui vient habituellement d’Europe de l’est ou du Maghreb n’a pas pu venir travailler. La main d’œuvre française a coûté plus chère.

Les enseignes de grandes surfaces ont également compris qu’avec le confinement se développe une véritable psychose. Les consommateurs peuvent préférer des fruits et légumes emballés ce qui nécessite davantage de main d’œuvre.

Côté transports, les frais ont aussi augmenté de 30% à cause des normes de sécurité sanitaires comme le port du masque, le nettoyage du matériel mais aussi avec la mise en place d’une nouvelle organisation. En effet, en temps normal, après avoir livré les fruits et légumes, les camionneurs effectuent leur trajet retour chargés d’autres produits, pour amortir le coût du transport. Mais avec la fermeture de nombreuses entreprises, les camions rentrent à vide.

La hausse peut toutefois être relativisée car avec l’arrivée des produits primeurs, les prix ont toujours tendance à augmenter et au printemps, les consommateurs privilégient les fruits et légumes français. Enfin au regard des prix pratiqués l’an dernier, la hausse n’est que de 2 à 3%.

Pierre Bergerault