Fortes chaleurs : la pénurie de maîtres-nageurs entraîne une multiplication des noyades sur les plages et dans les piscines

645

Avec les fortes chaleurs, les plages et les piscines sont prises d’assaut. Face à l’afflux, les maîtres-nageurs sont dépassés alors que le secteur fait face à une pénurie de professionnels. Un manque qui entraîne une multiplication des noyades.

L’été, la plage, la piscine et son manque de maîtres-nageurs

Alors que nous avons tous en tête l’image du maître-nageur avec son maillot de bain rouge et bien cette année, ils se font plutôt rare. Et pour cause, la profession connaît une véritable pénurie. Selon le syndicat national professionnel des maîtres-nageurs sauveteurs, il manquerait actuellement 5 000 maîtres-nageurs en France pour des effectifs actuels allant de 12 000 à 15 000. Un manque véritable surtout en période de vacances et de fortes chaleurs.

À cause de cette pénurie, l’accès aux bassins de certaines piscines municipales, d’hôtels et de campings est réduit au niveau des horaires, si ce n’est totalement interdit dans les cas où aucun surveillant n’a pu être embauché. Le constat est légèrement différent sur les plages obligeant les surveillants à se montrer d’autant plus vigilants que leurs effectifs sont également restreints.

Une pénurie lourde de conséquences

Si le sujet peut paraître extrêmement léger, les conséquences, elles, le sont beaucoup moins. En  effet, l’Agence Nationale de Santé Publique a constaté une aggravation du nombre des noyades l’été dernier. Ainsi, entre le 1er juin et le 30 septembre 2018, 1 649 personnes se sont noyées. Parmi elles, 25 % ont péri. Or, en 2015, le total des noyades  n’avait été que de 1 266. Une forte hausse des accidents liée à la pénurie de maîtres-nageurs.

Pour expliquer le manque de maîtres-nageurs, il faut se tourner du côté de la formation et notamment son coût. En effet, jusqu’en 1985, année de création du Brevet d’État d’éducateur sportif des activités de la natation, 1 500 à 1 800 maîtres-nageurs étaient formés. Depuis, les formations sont devenues plus complètes, mais aussi plus longues et coûteuses pour les candidats lesquels se sont donc présentés en moins grand nombre. Ainsi, en 2018, ils n’étaient que 800 à avoir obtenu le diplôme.

De fait, le manque de saisonniers conduit certains employeurs à remplacer les maîtres-nageurs par des surveillants moins ou non qualifiés en faisant fleurir les offres d’emploi illégales.

Pour le moment, aucune réponse gouvernementale n’est réellement apportée au sujet. Le ministre des sports, Roxana Maracineanu, a simplement mis en place le plan Aisance Aquatique qui vise à enseigner aux enfants les principes de base de la natation pour éviter la noyade, et ce dès la maternelle.

Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir.