Forces de l’ordre, émeutes : l’inquiétante évolution

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Sombre présage pour la base des forces de l’ordre : le suicide de la figure de proue des « Policiers en colère », seule chez elle, avec son arme de service. Qui peut dire pourquoi vraiment, une jeune femme de 36 ans finit par se donner la mort ? Au fond, qu’importe ? Reste la colère des policiers et gendarmes de base, ravivée par le drame et exacerbée par une sécurité du terrain qui, dans les faits, empire chaque jour. Dans une sorte de testament médiatique publié à son départ, Gérard Collomb – parlant justement de cette situation – disait « C’est très inquiétant… ce que je lis tous les matins dans les notes de police reflète une situation très pessimiste ». Mais que lisait donc le ministre pour être inquiet au point de finalement rentrer au bercail ? Ceci, pour l’essentiel (sur les seules semaines écoulées).

• Nuit de de fête égale désormais nuit d’émeute

Saint-Sylvestre… 14 juillet… Mondial de foot… Désormais, Halloween. Ravages, incendies, meutes violentes masquées et armées… jet de pierres et d’engins incendiaires… En prime  maintenant, de bouteilles d’acide ! 15 000 forces de l’ordre mobilisées -en fait, servant de gibier aux voyous : policiers, gendarmes, pompiers, une seule cible. Selon de convergentes sources syndicales ou associatives, additionner tous les blessés lors d’émeutes, violences de voyous, etc. -polices nationale et municipales, préfecture de police de Paris, gendarmes, adjoints de sécurité, donne de à 25 à 30 blessés par jour – de 9 000 à 11 000 par an.

• Revue de détail

Lyon « 200 individus »… Mulhouse « une cinquantaine de jeunes »… ainsi de suite dans toute la France : Toulouse, Poitiers, Rennes, Nantes, Metz. Mentions spéciales émeutes-Halloween : Grenoble et sa région (Echirolles, Pont-de-Claix, Vienne) ; La Seine-et-Marne (Provins, Nanteuil, Lognes, etc.).

Nouveauté inquiétante de la présidence Macron, après les cités et quartiers hors-contrôle de naguère, le département hors-contrôle. Il s’agit de l’Essonne, où embuscades anti-flics et émeutes deviennent quotidiennes : Corbeil, Draveil, Etampes, Les Ulis, Lisses, Longjumeau, Massy, Montgeron, Saint-Michel sur Orge, Vigneux, etc. : policiers caillassés depuis le toit des immeubles, guet-apens, attaques de patrouilles. Graves incidents signalés les 20, 25, 26, 27, 29 octobre – durant Halloween bien sûr et depuis, le 12 novembre.

• Ailleurs en France ?

2 octobre : Roubaix : jetée du toit d’un immeuble, une « dalle de plusieurs kilos », fracasse une voiture de patrouille, deux policiers blessés ; suite à un accident de voiture à La Courneuve, des policiers assaillis par une meute de 20 voyous, un policier blessé. 4 oct. : en voiture, un « Lyonnais » au 76 antécédents judiciaires blesse deux policiers. 12 oct. : Nîmes, 30 voyous attaquent des policiers « raccompagnant une victime chez elle », 1e novembre : Toulon, reconnu par des voyous, un policier est lynché devant chez lui ; le 8 nov. un autre policier toulonnais est gravement mordu par un chien d’attaque. 3 nov. : Saint-Etienne, sortant d’un stade, un policier est lynché par des individus.

Bien sûr, les indéniables faits qui précèdent ne sont qu’une indication d’ambiance. Les énumérer tous au quotidien emplirait un volume. Face à l’anarchie qui gagne, que font les voyous, les médias dits d’information ; que fait le gouvernement ?

  • Les voyous jubilent. Les efficaces avocats des « grands frères » (lire : caïds) ont vite transmis leur diagnostic : le présent ministre de l’Intérieur est type Cazeneuve : médiatiques abois assurés, léger côté morsures. Tout va bien – pensez donc ! Le ministre de l’intérieur affirmant que « la prison est criminogène ». Presque trop beau.
  • Comme d’usage, les médias d’information édulcorent et moralisent : c’est mal de « politiser des faits-divers ». Eux pour qui « tout est politique » – sauf la sécurité des Français. Bien sûr.

Pour l’essentiel le gouvernement, lui, récite le mantra Hollande-Cazeneuve « inadmissible… intolérable… insupportable » puis en revient à son train-train. Les gilets jaune ! La plèbe s’agite… c’est grave. Plus grave encore serait bien sûr, qu’à la révolte des gilets jaunes succède celle des gilets pare-balle. Pour un gouvernement affaibli et impopulaire, la vraie vigilance, suggère l’auteur, devrait se porter là.

Xavier Raufer, Atlantico