Faut-il armer les policiers municipaux ?

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C’ est l’un des débats qui agite le plus la campagne des élections municipales : celui de l’armement des policiers municipaux. Depuis les attentats de janvier 2015 et la mort de Clarissa Jean-Philippe jeune stagiaire de la police municipale, tuée par Amedy Coulibaly, le sujet revient régulièrement sur la table et à 6 semaines du premier tour de l’élection locale les candidats redoublent de propositions. Il faut dire que la sécurité est officiellement, avec l’environnement, en tête des préoccupations des Français. Même le maire sortant de Paris, Anne Hidalgo, a revu sa position et milite désormais pour la création d’une police municipale dans la Capitale mais armée seulement de matraques.

Si certains y voient uniquement  une manœuvre politique à l’approche des élections,  le nombre de partisans ne cesse de croître afin de répondre aux attentes de sécurité des administrés mais également des fonctionnaires.

En effet, ces derniers sont majoritairement favorables à un armement obligatoire, contrairement à la réglementation actuelle où c’est aux collectivités de décider de l’armement ou non de leurs agents de police municipale. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un armement de catégorie D comprenant les matraques mais de plus en plus de policiers municipaux sont désormais équipés d’armes de catégorie B où l’on retrouve les pistolets à impulsions électriques et les aérosols lacrymogènes.

Cependant, c’est bien la question du port d’armes létales qui divise l’opinion et certains Français n’en voient pas la nécessité.

L’éventualité d’un armement obligatoire de la police municipales est, donc, loin de faire l’unanimité. D’ailleurs, la question de la formation aux armes à feu revient régulièrement. Plusieurs syndicats policiers ont déjà pointé du doigt le manque d’heures d’entraînement et le manque de suivi des policiers nationaux. En ce qui concerne les policiers municipaux, les interrogations pourraient être les mêmes alors qu’aujourd’hui, lorsque le maire fait une demande d’armement pour ces agents, ces derniers doivent suivre impérativement une formation spécifique appelée formation préalable à l’armement. La durée de ces formations dépend de l’arme, elle peut varier de 15 à 78h et l’agent doit, en théorie, effectué au moins 2 séances de formation au tir chaque année. Un bilan bien mince surtout dans une période où les fonctionnaires sont éprouvés physiquement et mentalement, nuisant de facto à leur perception de légitime défense.

Si on est encore loin d’un armement obligatoire, l’idée fait néanmoins son petit bout de chemin. Aujourd’hui plus de la moitié des policiers municipaux sont armés en France. Ils étaient 37% avant les attentats de 2015.

Ce sujet sera abordé dans le JT de TVLibertés de ce soir