Exonération de charges pour les TPE : on ne tond pas un œuf – Pierre Bergerault

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Les TPE font ouf ! Lundi soir, Bercy a annoncé l’exonération des charges patronales des entreprises de moins de 10 salariés ayant dû fermer à cause du confinement. Cette nouvelle mesure, prise à la demande du président Macron, devrait s’appliquer à tous les secteurs d’activités pour mars, avril et mai. Et semble n’être que le premier élément d’un plan de relance plus vaste que le ministre de l’Economie a commencé à préparer pour une présentation en septembre ou octobre. Le premier ministre avait déjà évoqué le sujet lundi lors de son discours devant le Sénat affirmant être prêt à transformer le report en annulation pure et simple. Une décision confirmée quelques heures plus tard et immédiatement saluée par l’U2P, l’Union des entreprises de proximité qui s’inquiétait de la santé de la trésorerie des TPE qui si elle s’aggravait pouvait déboucher sur l’insolvabilité.

Dans le détail, les commerces alimentaires, qui sont restés ouverts, n’en bénéficieront donc pas. Ceux qui ont perdu toute activité économique en restant ouverts ne seront pas concernés non plus.

Mi-avril, le ministre des Comptes publics avait déjà évoqué l’annulation des charges de l’hôtellerie, de la restauration et des arts et spectacles pour un montant arbitrairement plafonné à 750 millions d’euros. Un montant qui devra être revu à la hausse. En effet, pour mars, les cotisations des commerces non alimentaires s’élevaient déjà à plus de 2 milliards d’euros. Elles se montent aujourd’hui à un total de 17 milliards d’euros toutes entreprises confondues.

En parallèle, le gouvernement a annoncé qu’il prendra des mesures pour soutenir l’investissement dans trois filières prioritaires : l’aéronautique, l’automobile et le tourisme. Des secteurs qui n’ont pas encore été trop victimes des délocalisations et dans lesquels il reste des emplois à sauver.

Selon le ministre de l’Economie, un fonds d’investissement spécial sera dédié à l’aéronautique pour venir en aide à ses sous-traitants. Une contribution des entreprises passant commande comme Safran et Airbus n’est pas à exclure.

Même soutien pour l’automobile avec un fonds similaire ainsi qu’un soutien à la demande pour les véhicules électriques… A l’heure où certains économistes estiment que le pays comptera au moins 500 000 chômeurs supplémentaires en fin d’année, le gouvernement va donc s’endetter encore un peu plus et ce, pour favoriser la transition écologique. Celle-ci va-t-elle rester pour les Français la priorité des priorités ?

Pierre Bergerault