Étudiant immolé à Lyon : l’extrême-gauche étudiante met le cap sur le 5 décembre

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Vendredi dernier, un étudiant de 22 ans, militant du syndicat Solidaires, s’est immolé par le feu devant un restaurant universitaire du Crous à Lyon pour alerter sur sa situation précaire. Un drame qui met les syndicats étudiants en ébullition à quelques semaines de la mobilisation sociale du 5 décembre prochain.

Vendredi 9 novembre, il est aux environs de 15h quand un étudiant de 22 ans, prénommé Anas, décide de s’asperger de liquide inflammable et d’y mettre le feu. Il explique son geste dans une publication sur les réseaux sociaux où il décrit sa vie précaire après la perte de sa bourse étudiante. Une décision relative à son triplement de deuxième année de licence… autrement dit, le jeune homme commençait sa quatrième année universitaire et n’avait pour l’heure validé que la première année… 

Dans son texte, le jeune, toujours entre la vie et la mort et brûlé à 90% revendique un salaire étudiant, et même d’une manière plus générale disait-il, un salaire à vie… Des demandes utopistes de la part d’un jeune qui militait visiblement au syndicat Solidaires auquel il rend hommage dans sa publication. Mardi, un rassemblement de soutien était organisée sur les lieux. 

Un rassemblement à Lyon qui s’est déroulé dans le calme à l’inverse de la mobilisation à Lille. En effet, alors que François Hollande s’apprêtait à donner une conférence à l’université pour présenter son livre, Répondre à la crise démocratique, des manifestants d’extrême-gauche se sont introduits dans l’établissement et ont jeté les ouvrages par terre.

L’ancien président, qui utilisait le terme de “sans-dents” pour parler des défavorisés a dû être exfiltré en urgence pour ne pas être pris à partie… Une situation surprenante pour un ancien chef d’Etat normalement très protégé. A Paris, c’est le ministère de l’enseignement supérieur, dans le 5ème arrondissement, a été pris pour cible après une manifestation organisée devant le siège du Crous. Les grilles ont été défoncées avant que les forces de l’ordre interviennent pour disperser la foule. 

Sans surprise, l’extrême-gauche semble donc bel et bien à la manoeuvre. De quoi garantir que la question de la précarité des étudiants, réelle pour une partie d’entre eux, ne sera pas sérieusement défendue pour le moment. Quoi qu’il en soit, le mouvement devrait se poursuivre jusqu’au 5 décembre puisque plusieurs syndicats ont déjà appelé à rejoindre les cortèges du monde du travail. De quoi paralyser encore un peu plus le pays qui s’apprête à fêter le premier anniversaire des Gilets Jaunes.