Emmanuel Macron : Quand Jupiter se prend pour de Gaulle !

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E. Macron se taille un costume de diplomate. A la veille du sommet du G7 de Biarritz, le président français fait tout pour se placer au centre du jeu international. Après la Russie et la Grande-Bretagne, Emmanuel Macron se frotte à présent au Brésil. Une volonté de prendre la main sur les sujets d’actualité brûlants qui n’est pas encore réussie. 

Visite de Vladimir Poutine, Rencontre avec Boris Johnson, déclarations sur Jair Bolsonaro, pas de doute, Emmanuel Macron se rêve déjà en homme fort du G7. A la veille du sommet organisé à Biarritz, le président français profite de jouer à domicile pour s’ériger une véritable place de maître des lieux. Comme souvent, la deuxième partie du quinquennat sera résolument tournée vers l’extérieur et le président jouera le premier rôle, en témoigne l’absence de ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. 

Après des années Fabius particulièrement calamiteuses d’un point de vue diplomatique, reconquérir le terrain n’est pas une mince affaire pour la France. La majorité des crises qui seront évoquées lors du G7 ont explosé pendant le quinquennat Hollande. Crise ukrainienne, accord sur le nucléaire iranien et guerre en Syrie, tous les dossiers chauds étaient déjà lancés à l’arrivée d’Emmanuel Macron. La plupart avait pour conséquence d’engendrer des tensions avec la Russie, des tensions partagées par l’Union européenne en général vis à vis de Moscou. 

La rencontre entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine au fort de Brégançon était donc d’une importance capitale. Perçue comme un prémisse du G7 d’où la Russie est exclue depuis 2014, le président français adopte une volonté de rapprochement et de pacification entre les deux nations historiquement alliées. Il faut dire que la situation d’aujourd’hui est une absurdité stratégique selon les mots d’Hubert Védrine, l’ancien ministre des affaires étrangères de François Mitterrand. Le diplomate se lamente même de constater que les relations entre Paris et Moscou sont plus mauvaises à ce jour que lors des 3 dernières années de l’URSS… Une prouesse particulièrement contre-productive pour notre pays. 

Traditionnellement perçue comme une nation libre, la France a perdu de son indépendance jusqu’à être vue comme vassal des Etats-Unis à plusieurs reprises. Une image que Charles de Gaulle, derrière lequel Emmanuel Macron semble souvent courir, aurait exécrée. 

Dans son ambition de retour à la realpolitik, le président français s’adonne à l’ubiquité quand le général de Gaulle pratiquait la chaise vide… à la manière de Poutine qui se rit de son absence au G7. Dans ces comparaisons, la volonté d’omniprésence d’Emmanuel Macron trahit sans doute un peu le statut d’une France désormais considérée comme une puissance de moyenne impuissance. 

Faute d’être leader, la France devra se contenter d’un rôle de médiateur. En ce sens, le président plaide peu à peu pour un retour de la Russie à la table du G8, pour une révision des sanctions consécutives de la crise ukrainienne… Une réunion doit d’ailleurs avoir lieu dans les semaines à venir entre la Russie, l’Ukraine, la France et l’Allemagne. Une Allemagne dont la tête affaiblie facilite aussi la remontée diplomatique d’Emmanuel Macron. 

Pour autant, la rencontre avec Boris Johnson montre aussi les limites. En effet, la fin de non recevoir du président français quant à de possibles amendements sur l’accord du Brexit résonne comme une consigne de la commission. 

Reste donc à savoir comment l’européiste forcené pourra concilier sa volonté de retour à la « realpolitik » et à l’indépendance française, avec le diktat de la bureaucratie bruxelloise…

Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir.