Double meurtre dans les Cévennes : Valentin Marcone, itinéraire d’un tueur

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Fin de cavale pour Valentin Marcone, auteur d’un double homicide dans les Cévennes. Depuis plusieurs jours, le jeune homme de 29 ans était activement recherché  par plus de trois-cent cinquante gendarmes. Le mardi 11 mai, Valentin Marcone, qui travaillait à la scierie du village des Plantiers, dans le Gard, a abattu son patron et un de ses collègues, avant de prendre la fuite pendant quatre jours dans les bois des Cévennes.

Le mardi 11 mai, vers 8h30, Valentin Marcone s’est rendu à la scierie, dont il est salarié depuis un an environ. Après une altercation avec son patron aux sujets du paiement d’heures supplémentaires, il se serait saisi d’une arme de poing dissimulée dans sa combinaison. Il aurait tiré plusieurs fois dans la tête de son patron, Luc Teissonnière, âgé de 55 ans, et aurait ensuite tiré sur un de ses collègues, Martial Guérin, âgé de 32 ans, alors que ce dernier tentait de s’interposer. Il s’est ensuite enfui dans la forêt, et a dissimulé deux armes, une arme de poing et une carabine avec une lunette de longue portée d’environ 600 mètres. Le jeune homme a ensuite passé plusieurs heures dans un trou à sanglier, situé à près de chez lui. Affaibli, sans nourriture, Valentin Marcone a fini par se rendre le vendredi 14 mai, peu après 20 heures : « Excusez-moi, je me rends », a-t-il crié aux gendarmes. En garde à vue, il a immédiatement reconnu les faits et a également indiqué où se trouvaient ses armes.

Un homme « paranoïaque » ?

Habitant la région depuis une dizaine d’années et père d’une petite fille d’un an, Valentin Marcone est décrit par le procureur de Nîmes, Eric Maurel, comme un homme « qui avait peur ». Depuis plusieurs années, il se rendait au travail équipé d’un gilet pare-balles dissimulé sous ses vêtements, et muni d’une arme, et avait installé un système de vidéoprotection autour de chez lui. Dans le village des Plantiers, où vivent près de 250 personnes, le jeune homme se disait en conflit avec des habitants. Il avait notamment déposé plusieurs plaintes à l’encontre d’élus et des autorités, la plupart jugées irrecevables.

Passionné par les armes à feu, Valentin Marcone tenait une chaîne YouTube, où il avait posté huit vidéos de démonstration d’armes à feu. Inscrit dans un club de tir, il possède plusieurs licences. Selon le colonel Bertrand, qui l’a interrogé, le jeune homme « se positionne comme une victime qui a réagi à une agression ». Le jeune homme, qui avait refusé un avocat lors de sa garde à vue, est maintenant mis en examen et assisté par maître Mordacq.