Descente de police (Présent)

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Personne ne s’était aventuré à imaginer combien de manifestants se rassembleraient devant l’Assemblée nationale pour soutenir leur police. Personne n’était capable de prédire si Darmanin, qui avait annoncé sa participation, y serait applaudi ou conspué. Beaucoup de policiers avaient appris que la manifestation serait sous contrôle, « institutionnalisée », car pilotée par Darmanin lui-même, avec le soutien actif des réseaux maçonniques très puissants dans la haute hiérarchie policière.

L’information était sans doute exacte, mais le résultat est là : la foule était infiniment plus importante que prévu, plusieurs dizaines de milliers de personnes, 35 000 selon les organisateurs ! On attend « les estimations de la police », mais il est vraisemblable qu’elles ne seront guère éloignées… Quant à Darmanin lui-même, tout organisateur qu’il ait peut-être été de cette manifestation, non seulement il n’a pas été applaudi, mais il a au contraire été bel et bien hué, chahuté, traité de noms d’oiseaux !

Pourtant, tout avait été fait pour que le rassemblement ne puisse être « récupéré » par des partisans du Rassemblement national ou des adeptes de « l’idéologie sécuritaire » : tous les syndicats de police, de droite comme de gauche, avaient été mobilisés. Tous les partis politiques avaient annoncé leur participation, à l’exception des mélenchonistes et des écologistes. Marine Le Pen avait pour sa part demandé à ses élus de participer à la manifestation. On y a vu notamment Jordan Bardella. Eric Zemmour avait aussi prévu d’en être.

Darmanin est donc venu, en effet, mais, loin d’en tirer les fruits qu’il espérait, il a bel et bien été sifflé, pris à partie par une foule considérable. Les « violences policières » dont ce calamiteux délateur et son président se sont faits les dénonciateurs avaient un goût d’abandon pour les policiers. Quand on sait que le même sentiment est ressenti au sein de l’armée, et jusque dans le corps préfectoral, on mesure l’échec de la macronie, sur ce terrain, ce qui n’a pas de précédents connus Même sous Mitterrand ou sous Hollande, même avec des ministres communistes au gouvernement, une telle défiance ne s’était jamais rencontrée.

Partis de gauche : la plus incroyable des cacophonies

Darmanin n’a rien gagné en tentant de prendre symboliquement la tête de ce mouvement de mécontentement. Non seulement il n’a rien gagné, mais il a perdu gros. Comme l’écrit très justement Le Figaro, en descendant dans la rue avec les policiers en colère le pouvoir a en quelque sorte certifié sa propre impuissance.

Autres grands perdants de la journée : les partis de gauche, qui ont fait entendre la plus incroyable des cacophonies, avec les formules de Mélenchon à l’emporte-pièce, les Verts déchirés par la présence annoncée de Jadot en dépit d’une opposition frontale de la quasi-totalité des autres cadres du parti. Chez les communistes, c’est aussi la division sur cette question. A trente jours des régionales, tout cela est de très mauvais augure pour eux, alors que les sondages placent la sécurité au premier rang de la préoccupation des Français.

Claude Louis (sur place) et Francis Bergeron (Présent)