Déconfinement : le gouvernement à la recherche de l’équilibre (Pierre Bergerault)

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Dernière ligne droite avant déconfinement ! Mardi, le premier ministre présentera sa stratégie devant l’Assemblée nationale. L’enjeu est double : relancer l’activité sans relancer l’épidémie. En attendant, il planche sur les derniers arbitrages et passe en revue les principaux secteurs, à commencer par la santé.

En effet, l’épineuse question des masques est sur toutes les lèvres. Y en aura-t-il assez ? En tout cas, leur vente est de nouveau autorisée depuis dimanche dans les pharmacies même si la moitié d’entre elles n’en ont pas ce lundi. Le port du masque devrait être généralisé mais sera-t-il obligatoire dans tous les lieux publics ? Jeudi, l’Elysée affirmait qu’il le serait « probablement » dans les transports en commun. Reste à savoir si les Français sauront se les partager dans la concorde et ainsi éviter les mêmes scènes qu’avec le papier toilette…

Concernant les tests, le gouvernement assure une production de 700 000 unités par semaine pour tester tous ceux qui présentent des symptômes ainsi que ceux ayant eu un contact rapproché avec des cas confirmés et enfin isoler les malades. Il n’y aura donc pas de test sur l’ensemble de la population. Pour les personnes âgées et fragiles, la responsabilité individuelle de chacun sera de mise.

Autre chantier, le gouvernement va organiser le retour de quelques 12 millions d’élèves. Selon le ministre de l’Education, la réouverture des établissements se fera sur trois semaines à partir du 11 mai et ce malgré l’avis du Conseil scientifique qui préconisait d’attendre septembre. Le nombre d’élèves par classe ne devant pas dépasser 15, l’enseignement à la maison restera autorisé. Dans le secondaire, le masque sera obligatoire.

Pour les adultes, le retour au travail se fera de façon limitée. Les syndicats ont prévenu qu’ils seraient intransigeants avec les employeurs sur le respect des règles sanitaires. La CGT a d’ores et déjà appelé les agents de la fonction publique territoriale à la grève, anticipant le manque de précautions sanitaires. Le télétravail devrait rester en vigueur pour les entreprises qui le peuvent.

Concernant la réouverture des commerces non essentiels, l’objectif du gouvernement sera de ménager la chèvre et le chou, à savoir le respect des règles de sécurité sanitaire tout en assurant un retour à une activité normale. Les bars et restaurants ne seront quant à eux fixés sur leur sort que fin mai.

Dans les transports, on prévoit déjà un retour à la normale. Le Conseil scientifique s’est prononcé pour les déplacements entre régions par transports en commun si les mesures de précaution sont respectées.

Enfin, après l’annulation des festivals et le report de nombreux événements sportifs, les rassemblements devraient restés limités, la ligue 1 pourrait néanmoins reprendre mi-juin mais sans les supporters. Et si la Conférence des évêques s’est prononcée pour la reprise des mariages et autres messes à partir du 11 mai, le gouvernement propose une période d’observation jusqu’en juin.

Une chose est sûre, l’ambiance sera surréaliste mardi à l’Assemblée. Selon le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, « rien n’est prêt pour le 11 mai, y compris l’application de traçage « Stop Covid ». Et pour éviter de subir une deuxième vague de contaminations, Marine Le Pen a proposé la fermeture des frontières mais silence du gouvernement sur le sujet… les mêmes causes auront les mêmes effets. Quoiqu’il en soit, un débat et un vote suivront les annonces du premier ministre dont certaines rumeurs disent qu’il pourrait s’agir des dernières. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a déjà avancé ses pions.

Pierre Bergerault